Cameroun: Villes mortes - La contestation nationale peut-elle forcer la main au régime ?

1 Novembre 2025

L'appel lancé par Issa Tchiroma, ancien membre du gouvernement de Paul Biya, à une ville morte d'envergure nationale, marque une évolution significative dans la tactique de contestation politique au Cameroun. Ce phénomène, historiquement ancré dans la crise anglophone depuis 2016 où il fut une arme efficace pour paralyser l'économie des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NW/SW), est désormais élevé à une échelle inédite.

Initialement initiées par les avocats et enseignants lors des premières protestations de 2016, ces journées de paralysie économique ont forcé le régime à réagir, même s'il a publiquement dénoncé leur caractère "anti-républicain".

Le fait qu'un acteur issu de l'appareil d'État, comme Tchiroma, adopte cette stratégie, confère une nouvelle légitimité et une portée stratégique à la paralysie. Son expérience passée au sein du gouvernement lui permet de comprendre que les lock down successifs ont atteint les finances publiques, poussant le régime à une augmentation des emprunts internationaux pour maintenir l'équilibre budgétaire.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Tandis que l'indifférence ou le mépris accueillait les appels précédents venant de la diaspora, la situation change radicalement lorsque l'initiateur est un acteur national, susceptible d'en subir les conséquences directes. Ce déplacement du front de contestation au-delà du fleuve Moungo remet en question la capacité du pouvoir central à ignorer une paralysie économique menaçant désormais l'ensemble du tissu national.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.