Ile Maurice: Transparency Mauritius et TI-MG pour consolider le dossier Ravatomanga

La Financial Crimes Commission (FCC) a sollicité la collaboration de Transparency Mauritius dans son enquête sur le puissant homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga, arrêté à Maurice le 24 octobre.

Cette démarche vise à renforcer la coopération régionale dans la lutte contre la corruption et le blanchiment transfrontalier. Selon Laura Jayumungal, executive officer de Transparency Mauritius, un échange d'informations a été amorcé entre l'organisation et la FCC : «C'est la FCC qui mène l'enquête. Si elle a besoin de soutien ou d'échanges d'informations, nous touchons base à ce moment-là»

Transparency Mauritius travaille de concert avec Transparency International - Initiative Madagascar (TI-MG), qui joue un rôle essentiel dans la surveillance des institutions publiques et privées sur la Grande île. TI-MG sensibilise la population aux dangers de la corruption et encourage les citoyens à signaler les abus afin de renforcer la redevabilité dans tous les secteurs. Parmi les dossiers qui intéressent particulièrement la FCC, figurent des soupçons de trafic illégal de bois de rose et le monopole du commerce de litchi.

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Depuis 2011, Ravatomanga est accusé d'avoir utilisé ses entreprises, notamment Sodiatrans, pour exporter illégalement des centaines de conteneurs de bois précieux vers la Chine. En juillet 2011, six conteneurs - avec supposément des cargaisons de haricots secs et cornes de zébu - avaient été saisis à Port-Louis à bord du navire Markella. Une enquête de l'Independent Commission against Corruption d'alors n'avait pas abouti. En 2015, le Parquet national financier (PNF) en France avait relancé les investigations avant d'envoyer des enquêteurs à Madagascar deux ans plus tard pour entendre Ravatomanga et son épouse, avec l'appui du Bureau indépendant anticorruption.

À Madagascar, son arrestation à Maurice a provoqué un véritable séisme économique. Pendant des années, Ravatomanga, via le groupe Sodiat, dominait presque tout le commerce de litchi, un secteur clé de l'exportation nationale. Les autres exportateurs n'osaient pas s'opposer à lui. Mais depuis le 25 octobre, la situation s'est inversée : réunis d'urgence, les exportateurs ont décidé d'exclure Sodiat du Groupement des exportateurs de litchi (GEL). Objectif : rétablir une concurrence plus équitable et redistribuer les quotas aux plus petits acteurs.

Un soulagement pour beaucoup. «Les exportateurs peuvent enfin parler librement», confie une source au sein du GEL. Cette réorganisation marque aussi le retour du transport aérien pour les litchis primeurs, permettant d'expédier les fruits dix jours avant la campagne maritime, prévue autour du 19 ou 20 novembre. Pour sa part, le groupe Sodiat a annoncé le 28 octobre *«qu'il n'y aurait pas de campagne de litchi cette année, invoquant la «situation nationale». Avec plus de 17 500 tonnes exportées par an, le litchi reste un pilier de l'économie malgache. L'après-Ravatomanga ouvre une ère nouvelle : celle d'un marché que les autorités et les acteurs veulent plus transparent, plus compétitif et plus juste.

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