Congo-Kinshasa: Le gouvernement saisit le Conseil d'État pour réclamer la dissolution de plusieurs partis d'opposition

Joseph Kabila, Président de la République Démocratique du Congo lors de la prestation de serment des juges de la cour constitutionnelle à Kinshasa, le 13/07/2018.

En République démocratique du Congo (RDC), le régime du président Félix Tshisekedi sévit contre 12 partis d'opposition. Le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et de la sécurité a annoncé avoir saisi le Conseil d'État pour obtenir leur dissolution. Leurs activités sont suspendues à travers le pays pour s'être ralliés à l'ex-président Joseph Kabila à travers sa plateforme « Sauvons la RDC » créée mi-octobre à Nairobi, au Kenya. Une réunion que Kinshasa a qualifié de « messe noire » avec Kabila condamné à mort pour son parrainage supposé de la rébellion de l'AFC/M23.

Le gouvernement de République démocratique du Congo a annoncé avoir suspendu tous les partis qui ont participé au conclave de Nairobi, au Kenya, autour de l'ancien président Joseph Kabila, lançant la nouvelle plateforme « Sauvons la RDC ». Jusqu'ici, seuls trois de ces partis, dont le PPRD de l'ex-chef de l'État, avaient été suspendus au nom de la sécurité nationale.

Si elle n'est pas concernée par une suspension, la coalition Lamuka, formée autour de Martin Fayulu, dénonce une « sanction abusive et anti-démocratique ». « Nous demandons au ministère de l'Intérieur de surseoir sa décision. On a besoin de cohésion, d'unité et de dialogue en permanence, a déclaré Prince Epenge, porte-parole de la coalition. Cette manière de suspendre le fonctionnement des partis agréés nous rappelle les aires sombres du Kabilisme qu'on a combattu tous ensemble avec l'UDPS. Mais malheureusement l'UDPS s'est mise à mimer les antivaleurs de l'époque Kabila. »

Les partis préparent leur réponse

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Entretemps, le gouvernement a déjà saisi le Conseil d'État pour obtenir la dissolution de ces partis. La bataille sera juridique pour le parti LGD de Matata Ponyo. « C'est quand même une sanction excessive, juge le secrétaire général du parti, Franklin Tshiamala. Nous lui adresserons dans un premier temps notre recours administratif pour rencontrer les motivations infondées qui sont à la base de la sanction. Et s'il n'y réserve pas de suite, nous allons exercer un recours. Le même Conseil d'État qu'il a saisi pour nous radier ou pour nous dissoudre, nous y adresserons également notre recours juridictionnel pour rencontrer les moyens infondés qu'il avance. »

L'opposant Delly Sessanga du parti Envol, non suspendu, a quant à lui dénoncé, une « mesure brutale et arbitraire » ou encore une « dérive autoritaire inacceptable ».

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