L'incendie survenu dans la nuit du 30 au 31 octobre 2025 à Agnibilékrou, ayant coûté la vie à une mère et à ses quatre filles, n'est malheureusement pas un cas isolé.
Selon les informations recueillies sur place, entre sept et huit incendies similaires ont été enregistrés dans la commune au cours du dernier semestre. Une situation préoccupante qui inquiète les populations et interpelle les autorités locales.
« La dernière fois, lorsque nous sommes intervenus le 31 octobre pour le cas de la veuve décédée avec ses quatre enfants, nous étions sur la route du retour vers Abengourou quand un deuxième incendie nous a été signalé dans la même ville d'Agnibilékrou. Nous avons aussitôt fait demi-tour. Heureusement, le feu avait été rapidement maîtrisé. À Agnibilékrou, c'est en moyenne un à deux incendies par mois que nous enregistrons », a révélé le lieutenant Coulibaly Inza, commandant de l'Office national de la protection civile (ONPC) d'Abengourou.
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Le principal défi réside dans le fait que la seule base des sapeurs-pompiers civils de la région de l'Indénié-Djuablin se trouve à Abengourou. « Ce n'est pas facile de couvrir toute la région, qui comprend les départements d'Agnibilékrou, de Bettié et d'Abengourou. Lorsqu'un sinistre est signalé, c'est souvent une urgence. Bettié, par exemple, est située à 95 km sur piste et à 166 km par route bitumée via Adzopé, ce qui nécessite trois à quatre heures de trajet. Pour Agnibilékrou, où les incendies sont récurrents, il nous faut au moins 45 minutes pour parcourir les 56 km qui la séparent d'Abengourou. Souvent, nous sommes pris à partie par des populations qui estiment que nous arrivons trop tard », a déploré le commandant des sapeurs-pompiers civils d'Abengourou.
Face à la multiplication de ces sinistres, l'ONPC a organisé ces derniers mois plusieurs séances de sensibilisation et d'information à Agnibilékrou. Mais, selon le lieutenant Coulibaly, ces efforts demeurent insuffisants : « Nous avons interpellé à plusieurs reprises les autorités locales afin qu'elles entreprennent des démarches pour ouvrir une base de protection civile à Agnibilékrou, mais jusqu'à présent, rien n'a été fait », a-t-il regretté.
Pour rappel, lors du dernier incendie tragique, Dame Dembélé, âgée de 35 ans, a péri avec ses quatre filles : Ouattara Adjara (19 ans), Ouattara Sata (14 ans), Dembélé Bintou (13 ans) et Ouattara Kady (10 ans).