Madagascar: Arivonimamo - Une fillette sacrifiée sur ordre d'un ancien maire

Une fillette de 10 ans a été victime d'un crime barbare dans le district d'Arivonimamo. Le dénouement de l'enquête judiciaire a été révélé samedi.

Enlevée, violée, décapitée, mutilée. Le corps d'une fillette de 10 ans a été utilisé dans le cadre d'un rituel sacrificiel présumé à Arivonimamo. Samedi, les principaux suspects ont été mis au frais, dont un ancien maire identifié comme le commanditaire.

L'horreur absolue s'est déroulée le 6 août 2024. Ce n'est qu'un an plus tard que les pièces du puzzle ont commencé à s'assembler, grâce à l'enquête de l'Équipe de la police judiciaire (EPJ) de la gendarmerie d'Arivonimamo.

La victime a été enlevée par son beau-père. Ce dernier, selon les enquêteurs, aurait agi sur commande. Il a dissimulé l'enfant chez une tierce personne, qui l'a violée à plusieurs reprises avant de la tuer. Ses yeux ont été arrachés et une partie de ses organes génitaux prélevée. La dépouille, une fois « profanée », a été abandonnée.

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40 millions d'ariary

Derrière ce crime se cacherait l'ancien élu local. Il aurait orchestré un rituel sacrificiel prévu pour le 6 août 2024, sur une pierre dédiée à des pratiques occultes. L'objectif : souiller une fillette « pure », la tuer et lui retirer certains organes dans le cadre d'un rite. Une somme de 40 millions d'ariary aurait été versée en guise de rémunération pour la recherche et la livraison de l'enfant.

L'enquête a été longue et complexe. Le beau-père, principal intermédiaire, a pris la fuite après les faits. Il a été recherché pendant un an, jusqu'à son arrestation à Antananarivo. Son interpellation a permis de faire tomber ses complices, dont l'ex-édile et trois autres individus.

Au total, cinq suspects ont été capturés. L'un d'eux était incarcéré depuis le début de cette année pour une autre affaire, sans lien apparent avec ce crime. Mais les investigations ont révélé qu'il avait également participé à l'assassinat de la fillette. Tous les cinq ont été déférés devant le parquet.

Selon leur mandat de dépôt, ils devaient être enfermés à Tsiafahy, la prison réservée aux détenus de ce profil. Faute de pouvoir les accueillir à cause d'un mouvement de grève de l'administration pénitentiaire, toujours sans issue, ils ont été placés à la maison centrale d'Arivonimamo.

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