L'enquête sur le trafic international de drogue reliant Madagascar et Maurice franchit un tournant décisif. Au centre de cette affaire tentaculaire, un nom se détache : Vida Loca, de son vrai nom Laurent Vitto, Franco-Mauricien vivant entre Bangkok et Pattaya, en Thaïlande. Considéré comme le financier principal du réseau de Wendip Appaya, il serait impliqué dans le financement de billets d'avion, la logistique des voyages et le transfert de fonds permettant aux opérations de prospérer à l'international.
Selon des sources proches de l'enquête - se reposant sur des messages et des appels enregistrés -, Vida Loca contrôlerait une part importante de l'organisation, supervisant les déplacements entre Dubaï, La Réunion, Madagascar, la Thaïlande et Maurice. Les autorités mauriciennes soupçonnent que plusieurs opérations récentes de Wendip Appaya n'auraient été possibles sans son soutien financier direct.
L'affaire a pris des allures de scénario hollywoodien avec l'implication d'un Mauricien détenu à Antananarivo. Ce dernier affirmerait s'être infiltré dans le réseau pour aider la police mauricienne à le démanteler. Ses révélations dressent le portrait d'une organisation extrêmement structurée, opérant avec précision entre Madagascar, Maurice, le Pakistan et la Thaïlande. Selon ses dires, il aurait participé à des réunions secrètes, suivi des instructions codées, et observé les transferts d'argent et de stupéfiants.
Mais ce qui devait être une infiltration contrôlée se serait transformé en piège : le Mauricien a été arrêté, isolé et laissé-pour-compte, malgré ses alertes aux autorités mauriciennes avant son départ.
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Vida Loca, lui, mène un style de vie flamboyant. Propriétaire de villas luxueuses à Flic-en-Flac et amateur de voyages, il affiche sa fortune sur les réseaux sociaux tout en orchestrant les opérations du réseau depuis Bangkok. Des communications interceptées révèlent qu'il donnait des instructions précises sur l'acheminement de la drogue et n'hésitait pas à menacer de mort ses complices en cas de trahison. Plusieurs témoins le décrivent comme le cerveau financier, capable de gérer à distance un réseau complexe avec rigueur et efficacité.
La cocaïne importée que Vida Loca a réceptionnée à Madagascar.
Maurice s'intéresse désormais particulièrement à la piste des financements. La Financial Crimes Commission (FCC) cherche à déterminer qui a pris en charge les billets d'avion de Wendip Appaya et la logistique de ses déplacements.
L'objectif est de retracer l'ensemble des flux financiers pour identifier tous les acteurs impliqués et comprendre l'ampleur réelle du réseau. Selon les informations obtenues, un mandat d'arrêt international serait déjà en préparation contre Vida Loca, dont le nom apparaît dans plusieurs échanges téléphoniques interceptés. Pour Wendip Appaya, récemment libéré, le dossier prend un tournant stratégique. Les enquêteurs veulent savoir qui a soutenu ses déplacements et ses opérations, confirmant ainsi l'existence d'un consortium du crime organisé re- liant l'océan Indien à l'Asie du Sud-Est.
Alors que l'affaire Vida Loca se complexifie, elle illustre parfaitement la sophistication des réseaux de crime transnational, et la coopération judiciaire à laquelle Maurice et Madagascar seront confrontés. Entre financement occulte, logistique internationale et menaces directes, cette enquête démontre que la lutte contre le trafic de drogue dépasse largement le cadre national, et exige une coordination étroite entre les États et les agences internationales telles qu'Interpol.
La FCC reste déterminée à ne rien laisser passer. Avec chaque nouvel élément révélé, le puzzle du réseau se précise, confirmant que derrière les opérations visibles de Wendip Appaya, Vida Loca tire les ficelles depuis Bangkok, coordonnant voyages, transferts d'argent et stratégies criminelles. Cette affaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les réseaux organisés de la région.