Guinée: Présidentielle - Mamadi Doumbouya tombe le masque

3 Novembre 2025

On le voyait venir. Et il est enfin arrivé avec ses gros sabots ou plutôt avec ses godasses, confirmant, si besoin en est encore, que les sorties de ses proches collaborateurs l'appelant à la « continuité », n'étaient qu'un ballon de sonde.

En effet, le chef de la transition en Guinée, le général Mamadi Doumbouya, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a finalement tombé le masque en faisant acte de candidature à la présidentielle du 28 décembre 2025. Son dossier a été déposé, hier, 3 novembre dernier, à la Cour suprême qui, en principe, devra annoncer la liste définitive des candidats dans une dizaine de jours.

Ainsi donc, le locataire du palais Sékoutoureya est candidat à sa propre succussion. Et sauf cataclysme, il devra l'emporter sans coup férir, d'autant plus que les principaux leaders de l'opposition ont été écartés, frappés, pour certains, par la limite d'âge, et d'autres à cause de leur exil à leur corps défendant.

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Il s'agit, pour ne pas les nommer, de Cellou Dallein Diallo de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), de l'ex-président Alpha Condé du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et de Sidya Touré de l'Union des forces républicaines (UFR). C'est dire si la présidentielle qui se profile à l'horizon en Guinée, ne sera qu'une simple formalité, dans la mesure où le vainqueur, avant même la tenue du scrutin, est déjà connu.

Au Gabon comme en Guinée, la recette a été la même

Car, en face de lui, Doumbouya a des adversaires qui n'ont pas vraiment de poids politique, que d'aucuns présentent à tort ou à raison, comme des félons qui jouent le jeu du prince régnant. Un air de déjà-vu en Afrique où, comme qui dirait, il est interdit d'organiser des élections pour les perdre. Ainsi donc, Doumbouya aura cédé à la tentation du pouvoir ; lui qui, à son arrivée au pouvoir en 2021, dans les conditions que l'on sait, promettait de rendre le pouvoir aux civils à la fin de la transition initialement prévue pour fin 2024.

La suite, on la connaît. Car, non seulement la transition a été repoussée d'un an, mais aussi Doumbouya a décidé de rester juge et partie dans le jeu politique en Guinée. Il marche, pour ainsi dire, dans les pas de son frère d'armes du Gabon, en l'occurrence, Brice Clothaire Oligui Nguema qui, après avoir balayé le Palais du bord de mer, y a finalement pris ses quartiers.

Et au Gabon comme en Guinée, la recette a été la même : on laisse parler des soutiens pour, in fine, sortir du bois. En tout cas, à Libreville comme à Conakry, le plus important à faire, est de travailler à ne pas reproduire les mêmes erreurs que ceux qu'ils ont chassés du pouvoir, au risque de pousser leurs peuples respectifs au désenchantement.

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