Guinée: Le général Mamadi Doumbouya est officiellement entré dans la course à la présidentielle

Le général Mamadi Doumbouya aura attendu le dernier jour, ce lundi 3 novembre, pour déposer, à la Cour suprême, son dossier de candidature à la présidentielle du 28 décembre prochain. C'est en effet, ce lundi soir, à 23h59, qu'expirait le délai de dépôt des candidatures. La Cour suprême a maintenant dix jours pour examiner les dossiers. Une chose est d'ores et déjà sûre : les poids lourds de l'opposition seront absents de la course.

« Il est là, c'est le général, c'est confirmé », s'exclame quelqu'un dans la foule.

Il aura fallu attendre 16h00 pour voir le général Doumbouya apparaître sur le parvis de la Cour suprême, vêtu de son boubou blanc. Emmené à bord d'un véhicule blindé et accompagné par un impressionnant dispositif de sécurité, il a déposé son dossier puis est reparti, moins d'une demi-heure plus tard, sans dire un mot à la presse. Il s'est offert, en sortant, un petit bain de foule avec ses partisans mobilisés par centaines, mais sans sortir de son véhicule blindé.

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Une foule de sympathisants massée dans le quartier depuis les premières heures de la matinée l'a longuement ovationné. Et ce fut le soulagement. Pour Mariama Kaba, la solution : « Aujourd'hui, je suis très, très contente, je n'ai même pas de mots, car notre général Mamadi Doumbouya est venu déposer sa candidature. Il y a quatre semaines de cela, j'étais stressée, tout allait très mal chez moi, je n'arrivais même pas à manger, je n'arrivais même pas à dormir très bien la nuit, mais, aujourd'hui, je vais bien dormir, général Mamadi Doumbouya c'est l'espoir du peuple ».

Pour Mamadou Diouldé la candidature de Mamadi Doumbouya était réclamée par le peuple de Guinée « C'est une joie pour moi, disons pour la jeunesse, hommes et femmes, aujourd'hui, de voir son excellence le général Mamadi Doumbouya venir déposer sa candidature devant la Cour suprême. Devant ce peuple qui le réclame, devant ce peuple qui dit oui, il est capable. Les quatre ans qu'il a faits au pouvoir, il a prouvé qu'il aime la Guinée et les Guinéens ».

Une dizaine d'autres candidatures

Outre Mamadi Doumbouya, une dizaine d'autres candidats ont déposé leurs dossiers de candidature à la Cour suprême dont l'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté et l'ancien ministre des Finances Ousmane Kaba.

Plus tôt dans la journée, Faya Millimono et Makalé Camara, ancienne ministre d'Alpha Condé, ont, eux aussi, déposé leurs dossiers.

La Cour suprême doit désormais examiner la validité de ces dossiers et publier la liste officielle des candidats, d'ici au 13 novembre.

L'élection se tiendra en tout cas sans les poids lourds politiques, à savoir l'ancien président Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, éliminés à cause de la limite d'âge ou d'un problème de résidence, car ils sont tous en exil, et également sans Aliou Bah qui est toujours en prison. Rassemblés au sein des Forces vives, ils disent « rejeter » la candidature de Doumbouya et dénoncent le « parjure » et « la confiscation, par la junte, du pouvoir pris par les armes. »

L'opposition dénonce le revirement de Mamadi Doumbouya

Mamadi Doumbouya avait juré, à plusieurs reprises, depuis son coup d'État du 5 septembre 2021, ne pas se présenter aux élections pour remettre le pouvoir à un président civil.

Les Forces vives, coalition des principaux partis politiques d'opposition -UFDG, RPG, UFR et MoDeL - et de mouvements citoyens, dénoncent ce revirement du chef de la junte.

« Cette candidature n'est pas une surprise. Tout le monde l'a vue venir. Mamadi Doumbouya n'avait qu'un seul choix à faire, celui d'inscrire son nom dans le registre des grands hommes de l'histoire positive, en respectant sa parole donnée et son serment à ne pas confisquer le pouvoir, ou bien s'inscrire sur le mauvais côté de l'histoire. Malheureusement, c'est ce dernier choix qu'il vient de faire.

« Sans doute, il fera face aux conséquences de son choix et de sa décision, dans les jours, semaines, mois et années à venir. Le peuple de Guinée avait fondé son espoir sur Mamadi Doumbouya à la prise du pouvoir, le 5 septembre 2021, pensant qu'il allait contribuer à arrêter le cycle infernal de répétition de l'histoire politique de notre pays. Malheureusement, il a décidé de faire comme certains de ses prédécesseurs en confisquant le pouvoir », explique Ibrahima Diallo, l'un des leaders des Forces vives, depuis son exil européen, joint par RFI.

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