Du 19 au 23 novembre 2025, Abidjan accueillera la 14e édition du Championnat d'Afrique de tir à l'arc. À l'approche de cet évènement, Moïse Mi-Carême Essis, président de la Fédération ivoirienne de tir à l'arc (Fivta) se confie sur les enjeux, les ambitions et les retombées attendues.
Que représente pour la Côte d'Ivoire le fait d'accueillir, pour la première fois, le Championnat d'Afrique de tir à l'arc ?
La Fédération Ivoirienne de Tir à l'Arc existe officiellement depuis le 30 avril 1999. Depuis que nous en assurons la direction en 2009, nous avons oeuvré à honorer l'image du pays à travers de nombreuses participations aux championnats d'Afrique, du monde, aux coupes du monde et aux Jeux Olympiques. Nous avons été quatre fois champions d'Afrique et une fois vainqueurs des Jeux Africains, sans oublier nos deux participations aux Jeux Olympiques de Londres 2012 et Rio 2016.
Il était donc temps que la Côte d'Ivoire, qui domine le tir à l'arc africain, reçoive à son tour l'Afrique chez elle pour montrer son savoir-faire. C'est une reconnaissance des grandes valeurs sportives qu'incarne aujourd'hui notre pays. C'est un événement majeur qui réunira les meilleures sélections du continent au stade Robert Champroux.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Quels critères ou atouts ont motivé le choix d'Abidjan et du stade Robert Champroux pour abriter cette 14e édition ?
Le choix d'Abidjan s'est imposé naturellement. Nos nombreuses participations aux compétitions internationales nous ont permis d'acquérir une légitimité incontestable. Il fallait que la Côte d'Ivoire soit honorée à son tour. En plus, nous disposons d'infrastructures sportives modernes et d'une hospitalité reconnue. Le Champroux, par sa symbolique et sa localisation, offre une vitrine idéale. Ce championnat est aussi une belle opportunité pour préparer les qualifications aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026.
Sur le plan organisationnel, quels défis majeurs s'imposent à vous ?
C'est un événement de classement mondial, donc extrêmement exigeant. Les défis sont multiples : le respect des standards internationaux, la conformité des installations, l'utilisation de ciblerie réglementée, la présence d'arbitres continentaux et internationaux. Il faut aussi assurer la diffusion télévisée en direct des demi-finales et finales.
Nous travaillons avec la Direction générale de l'Office national des sports (Ons) pour obtenir le stade Félix Houphouët-Boigny, recommandé par les experts de la fédération mondiale pour sa parfaite orientation Nord-Sud. J'ai confiance que le Directeur général de l'Ons nous accompagnera dans cette ambition nationale, car ce championnat, c'est un peu la CAN du tir à l'arc.
Quelles sont les ambitions sportives de la sélection ivoirienne ?
Nos équipes sont engagées dans le classement mondial depuis des années et nous travaillons à maintenir ce rang. La Côte d'Ivoire détient aujourd'hui deux records d'Afrique : celui du plus grand nombre de points au tir à l'arc classique homme, et celui de la plus jeune équipe féminine. L'enjeu est immense, car il s'agit aussi des qualifications pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026. Nous avons les moyens d'obtenir ces billets et nous mettons tout en oeuvre pour réussir, pour la fierté de la nation et de notre jeunesse.
Le tir à l'arc reste encore peu connu du grand public. Comment comptez-vous le populariser ?
Nous sommes conscients de cette réalité. Le tir à l'arc est un sport d'élite, exigeant et sélectif. Sa pratique nécessite des conditions particulières, notamment pour des raisons de sécurité et d'accès au matériel. Mais nous comptons profiter de ce championnat pour intensifier notre communication : reportages, émissions, campagnes sur les réseaux sociaux, sensibilisation dans les écoles... Nous voulons que ce sport cesse d'être perçu comme réservé à une minorité, et qu'il attire une nouvelle génération d'archers ivoiriens.
Enfin, quelles retombées durables espérez-vous de cet événement pour la jeunesse ivoirienne ?
Elles seront considérables. Ce championnat permettra de révéler le tir à l'arc comme un sport complet, alliant concentration, discipline et équilibre. C'est un sport qui forge le mental, développe la confiance en soi et contribue au bien-être. Nous espérons qu'après cette édition, de nombreux jeunes s'y intéresseront et que la Côte d'Ivoire s'imposera durablement comme une grande nation de tir à l'arc.
Nous donnons rendez-vous au public du 19 au 23 novembre 2025 pour vivre cette première historique à Abidjan. Et déjà, un autre défi nous attend : accueillir le Championnat du monde de la jeunesse en 2029.