Sénégal: Souveraineté scientifique et diversité - Bassirou Diomaye Faye prône une Francophonie du savoir et de l'innovation

4 Novembre 2025

Sous le haut patronage du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, la 19e Assemblée générale de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et la 5e Semaine mondiale de la Francophonie scientifique (SMFS) se sont ouvertes hier, lundi 3 novembre à Dakar. L'événement a réuni plus de 60 pays, 22 ministres et des centaines d'universitaires, chercheurs et étudiants autour d'un objectif commun : repenser la place du savoir dans le développement du monde francophone.

Dans son allocution d'ouverture, le président Faye a salué « la belle diversité de la Francophonie » et rappelé que le Sénégal, membre fondateur de l'organisation, abrite depuis 1974 le bureau africain de l'AUF, l'un des plus anciens du réseau. Citant Cheikh Anta Diop, il a invité la jeunesse africaine à « s'armer de science jusqu'aux dents » pour conquérir sa souveraineté intellectuelle et culturelle.

Pour le chef de l'État, l'Afrique ne pourra peser dans le concert des nations qu'en investissant massivement dans la science, la recherche et la technologie. « La science n'est jamais neutre. Elle doit être porteuse de sens et au service du progrès humain », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d'une « autonomisation des savoirs africains » à travers l'enseignement et la recherche.

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Le président Faye a également évoqué les réformes à venir dans le cadre du programme Sénégal 2050, qui place la science, la technologie et l'innovation au coeur du développement. Il a annoncé une refonte des curriculums, une transformation numérique de l'enseignement supérieur et un soutien renforcé à la recherche appliquée. « La révolution numérique nous offre une opportunité historique. Nous devons la saisir pour bâtir notre souveraineté technologique », a-t-il lancé, citant en exemple le lancement du premier satellite sénégalais.

La question de la diversité linguistique a aussi occupé une place importante dans son discours. Fidèle à la vocation pluraliste de la Francophonie, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour que « les langues nationales participent pleinement à la production scientifique ». Une orientation qu'il juge essentielle pour préserver la dignité et la souveraineté culturelle des peuples africains.

Saluant les initiatives de l'AUF en faveur de l'entrepreneuriat et de l'insertion professionnelle, le président a notamment cité les projets Entreprendre et Mobilité urbaine durable et emploi, alignés sur les priorités de son gouvernement. Il a enfin appelé à une « diplomatie scientifique francophone » capable de rapprocher décideurs politiques et chercheurs, afin que le savoir reste « au service du progrès humain ».

Prenant la parole à son tour, Slim Khalbous, recteur de l'AUF, a rendu hommage au Sénégal pour son hospitalité et salué la participation exceptionnelle de la communauté universitaire francophone : « Nous comptons plus de 60 nationalités présentes, ce qui illustre la vitalité et la diversité de notre espace commun. »

Il a rappelé que l'AUF, née à Montréal en 1961 d'une « idée un peu utopique », est aujourd'hui « le premier réseau universitaire au monde », fort de près de 1 000 établissements membres. Selon lui, la mission de l'agence dépasse désormais le cadre académique : « Nous travaillons en amont sur l'éducation, en aval sur l'emploi et l'insertion, et avec les pouvoirs publics pour la réforme des systèmes. »

Face aux crises actuelles économiques, environnementales ou politiques, Slim Khalbous a invité la Francophonie à « réfléchir à comment faire autrement » et à renouer avec son idéal de solidarité intellectuelle. Parmi les priorités de cette assemblée figurent la relance de la publication scientifique francophone, la mobilité des étudiants et chercheurs, et le Programme international pour la mutualisation et la mobilité francophone (PRIMEM), présenté comme un levier majeur de transformation pour les années à venir.

Le recteur a enfin souligné la nécessité de renforcer la diplomatie scientifique francophone, rappelant que la science doit rester un espace neutre, collaboratif et porteur de solutions concrètes. « La connaissance est aujourd'hui la clé du développement des nations », a-t-il conclu, appelant à transformer le savoir en moteur de paix et de prospérité partagée.

Ainsi, entre souveraineté scientifique, diversité linguistique et innovation technologique, Dakar s'affirme une fois de plus comme un carrefour de la pensée francophone et un laboratoire du futur du savoir africain.

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