Cameroun: Sénat - Le régime Biya accusé de corruption

4 Novembre 2025

Le Comité des Relations Étrangères du Sénat américain a publié une déclaration cinglante remettant en cause la nature de sa relation avec le Cameroun, marquant une dégradation sans précédent des liens diplomatiques entre Yaoundé et Washington. Ce n'est plus seulement la crise interne qui est visée, mais une série d'actions du gouvernement Biya qui, selon l'institution américaine, constituent une menace pour les intérêts et la sécurité des États-Unis. La pression internationale sur le régime Biya atteint un nouveau seuil critique.

Le communiqué dénonce d'emblée un régime qualifié de corrompu qui s'emploierait à « chasser ses opposants politiques ». L'une des accusations les plus graves concerne l'habilitation des activités du groupe paramilitaire russe Wagner sur le territoire, une ingérence qui s'inscrit dans un contexte de rivalités géopolitiques en Afrique centrale. Par ailleurs, le Sénat accuse directement le régime d'avoir « créé les conditions pour que des groupes djihadistes comme Boko Haram et l'État islamique (ISIS) prospèrent et alimentent la crise anglophone ». Cette allégation établit un lien direct entre la gouvernance interne et la sécurité régionale, un argument de poids pour la politique étrangère américaine.

L'irritation du Sénat est d'autant plus vive que le régime est accusé d'avoir orchestré un « simulacre de réélection » lors des dernières consultations. Au-delà des enjeux politiques, la question de la détention de citoyens américains, y compris des ressortissants de l'Idaho, est mise en avant comme un point de non-retour, illustrant le mépris du régime pour les relations bilatérales établies. Les autorités camerounaises n'ont pas encore répondu officiellement à ces accusations. Le Sénat conclut fermement que le Cameroun « n'est pas un partenaire des États-Unis et pose des risques économiques et sécuritaires au peuple américain ».

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Cette sortie du Sénat n'est pas qu'un simple avertissement diplomatique. Elle s'achève par un appel explicite à une réévaluation urgente de la relation entre les deux pays « avant que les contrecoups ne s'aggravent ». Une telle réévaluation pourrait mener à des mesures punitives, incluant des sanctions économiques ou la suspension de l'aide sécuritaire.

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