Cameroun: Le score contesté du 12 octobre, indécence et fracture historique post-électorale

5 Novembre 2025
opinion

L'issue de l'élection présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025 a plongé le pays dans une crise politique et éthique sans précédent. Le score officiel, qui crédite le président Paul Biya d'une victoire avec 53,66% des voix contre 35,19% pour son principal adversaire Issa Tchiroma Bakary, est immédiatement apparu comme la cristallisation d'une césure profonde et mémorable entre le système gouvernant et une majorité de citoyens.

Ce résultat, entouré d'accusations de trucages massifs et d'irrégularités criantes, est perçu par une frange significative de la population comme la sanction de plus de quatre décennies d'incompétence rédhibitoire, d'une jouissance arrogante du pouvoir et d'une jactance improductive.

L'analyse de confrères comme Valentin Siméon Zinga, publiée dans les jours suivant la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, souligne avec force la gravité de la situation. Le comble de l'indécence réside dans la réaction du bloc au pouvoir. Plutôt que d'adopter, face à la contestation et au prix humain, un triomphe modeste, celui-ci a poussé l'affront jusqu'à la célébration bruyante et ostentatoire. Cette liesse officielle s'est déroulée tandis que le sang coulait, que des arrestations de manifestants avaient lieu, et que des vies étaient fauchées dans les rangs des contestataires légitimes des résultats. Cette célébration est avant tout l'expression d'un mépris pour la souffrance et d'un ras-le-bol quasi généralisé.

Ce contexte post-électoral tendu rappelle la nécessité d'une investigation journalistique rigoureuse, capable de résister à la médiocrité ambiante. Le rôle du journaliste n'est pas de relayer la propagande, mais d'offrir une analyse éclairée sur la crise de légitimité qui frappe les institutions.

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Le décalage entre le score proclamé et le sentiment d'une grande partie de la population nourrit l'instabilité et pose la question de l'avenir du pays. La manipulation des chiffres et l'intimidation des opposants affaiblissent l'État de droit et minent toute tentative de dialogue sincère et constructif.

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