Cameroun: Défection de l'ex-porte-parole de Tchiroma en pleine contestation post-électorale

5 Novembre 2025

Le climat politique camerounais, déjà sous haute tension après l'élection présidentielle du 12 octobre dernier et la contestation virulente des résultats, est secoué par une affaire de trahison aux allures de coup de poignard dans le dos de l'opposition. Le Dr Moïse MBOG, qui fut le porte-parole d'Issa Tchiroma Bakary (candidat du FSNC), a démissionné, mais les raisons profondes de son départ révèlent une stratégie de déstabilisation orchestrée en coulisses. Le fait est que le Dr MBOG avait déjà été mis à l'écart depuis plusieurs semaines, une décision interne prise après la découverte de ses négociations secrètes avec des cadres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et de la présidence de la République.

Cette manoeuvre d'infiltration prend une dimension particulièrement explosive dans le contexte immédiat de la contestation des résultats par Issa Tchiroma, qui revendique la victoire et dénonce une "mascarade électorale". Alors que l'opposition appelle à la mobilisation et au respect du vote populaire, la présence d'un "cheval de Troie" en son sein nuit gravement à sa crédibilité. La défection du porte-parole, même si elle précède de peu l'annonce des résultats officiels, symbolise l'érosion de la confiance et la puissance des tactiques employées par le pouvoir pour fragiliser ses adversaires. Ces tractations secrètes, visant à monnayer une allégeance au détriment de la cause d'opposition, sont un indicateur brutal des pressions qui pèsent sur les acteurs politiques camerounais.

Pour les partisans d'Issa Tchiroma, la révélation de ce double jeu n'est pas seulement une question de personne ; elle soulève des interrogations légitimes sur l'ampleur de l'espionnage et de l'infiltration au sein de l'état-major de campagne électorale. Le rôle crucial du porte-parole dans la diffusion de messages et la gestion de crise rend sa trahison d'autant plus préjudiciable. En exposant les failles internes, le camp présidentiel cherche à décrédibiliser toute la démarche de revendication de la victoire, un argument politique puissant auprès d'une opinion publique déjà éreintée par des décennies d'autoritarisme.

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