Ile Maurice: Une seule demande faite, maintient Sodiat Aviation

Le groupe Sodiat Aviation, qui appartient à Mamy Ravatomanga, est finalement sorti de son mutisme par rapport au vol très commenté du jet Cessna Citation 560XL, immatriculé 5R-HMR, arrivé à Maurice dans la nuit du 11 au 12 octobre, avec à son bord l'homme d'affaires malgache et ses proches. Il insiste sur le fait qu'une seule demande officielle a été faite auprès de la Civil Aviation Authority (CAA).

Dans une lettre datée du 4 novembre et adressée à l'aviation civile mauricienne, la direction affirme vouloir «rétablir la vérité» alors que l'affaire alimente toujours l'enquête du Central Criminal Investigation Department sur les autorisations tardives, les zones d'ombre dans le plan de vol et les conditions de départ d'Antananarivo.

Depuis l'incident, plusieurs versions ont circulé sur la nature du vol, tour à tour présenté comme une évacuation sanitaire, un vol d'urgence ou un simple aller touristique. Sodiat réfute entièrement ces variations et maintient qu'une seule demande officielle a été soumise à Maurice, soit un PRIVATE FLIGHT, non rémunéré, déposé avec un Estimated Time of Departure à 18 heures UTC depuis Ivato. La compagnie maintient qu'aucune modification n'a été introduite et qu'aucune autre mention n'a été transmise à la CAA.

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Sodiat replace le départ dans le contexte politique particulièrement tendu dans la capitale malgache. La direction générale du groupe, souhaitant se rendre à Maurice, a mobilisé l'avion 5R-HMR, exploité par Trans Ocean Airways et habitué de la liaison FMMI-FIMP en coordination avec Jet Prime.

Au moment de l'embarquement, alors que les passagers et les deux pilotes patientaient dans le cockpit en attendant la réponse à la demande de clearance, le commandant de bord affirme avoir appelé la CAA mauricienne à deux reprises pour connaître l'évolution du dossier. C'est à ce moment, selon la lettre, que des individus armés auraient surgi sur le tarmac d'Ivato.

Sodiat écrit que les passagers comme l'équipage les ont vus et que pour des «raisons évidentes de sécurité», le commandant de bord a pris la décision de décoller immédiatement, malgré l'absence d'autorisation de la tour de contrôle malgache et l'absence d'autorisation d'atterrissage mauricienne. La société souligne que le pilote a informé la tour de contrôle juste avant le décollage et qu'il n'a agi que par nécessité opérationnelle.

Sodiat affirme également que le vol n'a jamais rapporté la moindre urgence technique, ni panne ou pénurie de carburant, contrairement aux interprétations qui ont pu émerger après l'incident. L'équipage serait resté en liaison permanente avec les tours de contrôle malgache et mauricienne, tout au long du trajet, et l'intégralité des échanges radio serait disponible pour vérification.

À l'approche de Maurice, l'appareil a dû patienter longuement au large de l'île jusqu'à ce que la CAA délivre finalement l'autorisation à 22 h 32 UTC, sous la référence CAV/ AIRL/74/1-2025/400. Une fois l'autorisation reçue, le jet a poursuivi sa descente vers l'aéroport international SSR où il a atterri peu après minuit.

Le courrier de Sodiat intervient alors que l'enquête du CCID continue de se concentrer sur les autorisations reçues, ou pas, à chaque étape du trajet, sur les échanges avec Jet Prime, sur la planification du vol et sur les raisons pour lesquelles le décollage s'est fait sans autorisation malgache.

L'affaire a déjà eu des répercussions à Maurice : l'avoué Gilbert Noël, membre du conseil d'administration de Jet Prime Ltd, a démissionné après la polémique autour de la préparation du vol et de l'accueil du jet à son arrivée. Sodiat conclut en espérant que sa lettre, ainsi que les courriels échangés avec Jet Prime durant cette nuit-là, permettront de dissiper les zones d'ombre de cet épisode.

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