Madagascar: Crise - Perte de confiance des agents économiques, le taux directeur de la Banque centrale, maintenu à 12%

Inévitablement la crise politique qui secoue le pays influe négativement sur l'économie dont la performance sera probablement revue à la baisse.

Dans sa publication sur la décision de politique monétaire du 4 novembre 2025, la Banky Foiben'i Madagasikara (BFM) parle d'une contraction de l'activité économique.

Contre performance

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Sur le plan national, l'activité économique s'est contractée au troisième trimestre 2025 indique notamment la Banque centrale qui lie cette contre performance à un début de perte de confiance des opérateurs économiques due au contexte de crise que traverse le pays. « Les événements politiques survenus en septembre et octobre ont, par ailleurs, entamé la confiance des agents économiques, comme l'indiquent les résultats des Enquêtes de Conjoncture Économique (ECE). Cette situation devrait peser sur la croissance de l'année 2025, le fléchissement ayant touché la majorité des secteurs d'activité ».

Rappelons que la loi de finances initiale de 2026, qui a été déposée à l'Assemblée nationale parle d'une prévision de croissance ambitieuse de 4,8% pour l'année prochaine. Et ce, malgré la crise et ses effets attendus sur l'économie.

Euro-dollar

Sur le marché des changes, l'ariary se comporte plus ou moins bien, par rapport aux devises de référence.

En effet, si la monnaie nationale se déprécie par rapport à l'euro, par contre, elle s'apprécie par rapport au dollar. « l'Euro valait 4 873,4 ariary au 30 décembre 2024, contre 5 157,3 ariary au 31 octobre 2025, soit une dépréciation de 5,8 % de l'ariary par rapport à l'euro. Toutefois, sur la même période, le dollar américain est passé de 4 692,4 ariary à 4 487,8 ariary, soit une appréciation de 4,4 % de l'ariary vis-à-vis de la monnaie américaine. Cette évolution divergente résulte principalement de la forte volatilité du taux de change euro/dollar sur les marchés internationaux. Le déficit commercial a continué de se creuser, mais la poursuite des rentrées de devises liées aux projets de développement a contribué à renforcer les réserves officielles de change, lesquelles couvraient jusqu'à 6,2 mois d'importations à fin septembre 2025 ». Par ailleurs, « sous l'effet conjugué de la hausse des réserves en devises et du dynamisme des crédits bancaires au cours du troisième trimestre, la croissance annuelle de la masse monétaire s'est établie à 12,9 % fin septembre, confirmant la tendance haussière anticipée lors de la précédente réunion du Comité monétaire. Un ralentissement de cette croissance monétaire est toutefois attendu d'ici la fin de l'année, en partie en raison des conditions monétaires actuelles, qui devraient également contribuer à atténuer les pressions inflationnistes ».

Désinflation

En parlant d'inflation, justement, les perspectives sont plutôt bonnes. « Le processus de désinflation amorcé depuis le début de l'année se confirme, avec une baisse marquée de l'inflation au troisième trimestre. En septembre 2025, le taux d'inflation s'est établi à 7,5 % en glissement annuel, un niveau inférieur aux prévisions, contre 9,5 % en janvier 2025. Cette amélioration est principalement attribuable à la baisse des prix de l'énergie et des produits non alimentaires. L'inflation sous-jacente, excluant le riz et l'énergie, s'est inscrite à 6,6 %, illustrant l'effet des conditions monétaires restrictives mises en œuvre par la BFM. Les projections pour fin 2025 prévoient une poursuite du ralentissement de l'inflation. Ce scénario repose sur une croissance économique modérée et une expansion monétaire maîtrisée, contribuant à limiter les pressions inflationnistes à court terme. Toutefois, cette décélération de l'inflation n'est pas encore suffisante pour assurer la consolidation de la stabilité macroéconomique ».

Bref, malgré quelques points positifs, la BFM estime que l'année 2025 demeure toutefois entourée d'importantes incertitudes, tant sur le plan international que national. « La persistance des tensions géopolitiques, la montée des pratiques protectionnistes et la volatilité des prix des produits de base constituent des risques majeurs susceptibles d'affecter l'évolution des prix intérieurs et l'équilibre macroéconomique. Au regard de l'analyse de la conjoncture et des perspectives économiques, le Comité monétaire de la BFM a ainsi décidé de maintenir le taux directeur à son niveau actuel de 12%. Des mesures visant à favoriser le financement de l'économie par les banques ont été mises en œuvre au mois d'octobre ».

L'objectif est de laisser à ces dernières plus de liquidité pour octroyer, à leur tour, des crédits à leur clientèle. Dans ce contexte, la BFM juge nécessaire de disposer d'une période d'observation pour apprécier les effets de ces mesures sur l'évolution des crédits bancaires à l'économie.

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