Lors de l'Assemblée générale de la Semaine mondiale de la Francophonie scientifique et de la 19e Assemblée générale de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), tenue à Dakar du Oumar Sock, secrétaire perpétuel de l'Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, a livré un vibrant plaidoyer en faveur d'une francophonie scientifique unie par le savoir, la jeunesse et l'innovation.
Ancien membre du Conseil scientifique de l'AUF durant plus de vingt ans, Oumar Sock a été témoin de la croissance spectaculaire du réseau, passé de 600 à plus de 1 000 universités. Un symbole, selon lui, de la vitalité d'un espace francophone désormais réparti sur cinq continents et fort de 350 millions de locuteurs.
« L'éducation et la science sont les piliers de toute civilisation. Elles libèrent les fatalités et donnent sens à notre quête de vérité, de justice et de progrès », a-t-il rappelé.
La francophonie, archipel de savoirs et de destins partagés
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Pour le scientifique sénégalais, l'espace francophone dépasse la simple communauté linguistique : il est un « archipel de savoirs », un lieu de mémoire et de valeurs communes. Sa force réside dans sa diversité culturelle et géographique : « La langue française n'uniformise pas, elle relie », souligne-t-il, saluant la pluralité d'accents et de trajectoires qui composent la francophonie.
Cette communauté trouve aujourd'hui son épicentre en Afrique, où réside près de 60 % des francophones. Kinshasa, avec ses 18 millions d'habitants, est désormais la plus grande métropole francophone du monde. Et d'ici 2050, 85 % des francophones seront africains. « L'avenir de la francophonie sera africain ou ne sera pas », affirme Oumar Sock.
L'Afrique, moteur du renouveau scientifique francophone
Le continent africain, longtemps perçu comme périphérique, devient un centre de création scientifique. Universités numériques, écoles doctorales, programmes de recherche et coopérations internationales se multiplient. Le Sénégal, avec l'Université numérique Cheikh Hamidou Kane, illustre cette révolution : plus de 70 000 étudiants y suivent des formations connectées.
Mais ce dynamisme ne doit pas masquer les défis persistants : sous-financement, infrastructures fragiles, taux d'encadrement en baisse. « Pour l'Afrique, la science n'est pas un luxe, mais une nécessité vitale », insiste Oumar Sock. Elle est la clé de la souveraineté intellectuelle et technologique, la condition d'une liberté véritable.
Former, innover, partager : les trois leviers d'une francophonie du savoir
Face aux mutations climatiques, numériques et économiques, le secrétaire perpétuel appelle à une stratégie francophone fondée sur trois piliers : former, innover et partager.
Former, pour armer la jeunesse d'un esprit critique et créatif ; innover, pour transformer le savoir en solutions concrètes ; partager, pour faire de la science un bien commun.
Le numérique, qualifié de « nouveau langage universel du XXIe siècle », est au coeur de cette transformation. Il relie les continents, démocratise l'accès au savoir et donne visibilité aux invisibles.
Une jeunesse au coeur de la francophonie scientifique
Pour Oumar Sock, la réussite de cet espace commun repose avant tout sur la jeunesse francophone : « Elle n'attend ni paternalisme ni tutelle, mais des passerelles de formation et des occasions de créer. » Les universités doivent devenir des « fabriques de liberté et de création », capables de transformer les idées en innovations.
Citant Cheikh Anta Diop, il conclut : « Formez-vous, armez-vous des sciences jusqu'aux dents et arrachez votre patrimoine culturel. »
Par ces mots, Oumar Sock rappelle que l'éducation et la science demeurent les boussoles du monde francophone : des forces de transformation, de dialogue et de solidarité.