Ile Maurice: Me Hawoldar - «Une dizaine d'autres auditions se poursuivront, mais tout dépendra de la condition médicale de mon client»

Le dossier Mamy Ravatomanga continue de mobiliser la Financial Crimes Commission (FCC). Pour la deuxième journée consécutive, l'homme d'affaires malgache a été entendu par les enquêteurs, hier. Apres avoir été hospitalisé à la clinique Premium Care, à Phoenix, il bénéficie d'un dispositif médical et sécuritaire strict. Ses avocats, menés par Me Siddhartha Hawoldar, affirment que les sessions d'audition se poursuivront au rythme imposé par son état de santé.

C'est le mercredi 5 novembre qu'a débuté la première séance d'interrogatoire du magnat malgache Maminiaina Ravatomanga, plus connu sous le nom de Mamy Ravatomanga, devant les enquêteurs de la FCC. Âgé de 56 ans, il est soupçonné de blanchiment d'argent à grande échelle, à titre personnel et par le biais de plusieurs sociétés mauriciennes qui lui seraient rattachées.

Durant cette première séance, Mamy Ravatomanga était entouré de son équipe légale, composée de Meᣵ Siddhartha et Nirakar Hawoldar, ainsi que de Me Khushal Lobine. Les échanges avec les enquêteurs se sont concentrés sur d'importants transferts de fonds estimés à Rs 7,3 milliards, acheminés de Madagascar vers Maurice sur plusieurs années.

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L'homme d'affaires a nié catégoriquement toutes les accusations portées contre lui. Selon ses déclarations, les mouvements d'argent peuvent être justifiés. Il a dit être en mesure d'expliquer la provenance des Rs 7,3 milliards déposées sur ses comptes bancaires mauriciens, d'un ton affirmatif.

Me Siddhartha Hawoldar a, pour sa part, tenu à souligner la pleine coopération de son client : «Nous avons prévu une dizaine de sessions d'audition, mais tout dépendra de sa condition médicale. Mon client reste serein et collabore pleinement avec la FCC».

Le deuxième jour d'audition, hier, n'a duré qu'environ deux heures. À sa sortie, Mamy Ravatomanga a été reconduit en cour de PortLouis, sous escorte policière et sous la supervision des officiers de la FCC.

Les enquêteurs ont procédé au clonage du téléphone portable de l'homme d'affaires, afin d'examiner le contenu de ses communications. Ces données pourraient s'avérer déterminantes pour établir les liens entre certaines transactions financières et d'éventuelles complicités locales et internationales.

La FCC s'intéresse également à une rencontre entre Mamy Ravatomanga et Me Junaid Fakim, ancien commissaire de la FCC, survenue peu avant son arrestation. Cette entrevue soulève des soupçons de conspiration et de tentative d'ingérence dans le processus d'enquête.

Mamy Ravatomanga a comparu devant le tribunal de Port-Louis, où trois accusations provisoires seront formellement retenues contre lui : deux délits de blanchiment d'argent impliquant un total de Rs 7,3 milliards, et une accusation de conspiracy, en lien avec la rencontre suspecte avec l'ex-commissaire de la FCC.

Exportation de letchis à Madagascar : SODIAT se met hors-course

La campagne d'exportation de letchis à Madagascar, prévue du 15 au 20 novembre, se prépare sous le signe de l'équité. Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a rencontré le Groupement des Exportateurs de Litchis de Madagascar (GEL) et a insisté sur une répartition juste des quotas pour soutenir toutes les entreprises, grandes comme petites.

Cependant, la société SODIAT, filiale du groupe Ravatomanga, a annoncé qu'elle renonce à participer à la saison 2025, invoquant la situation actuelle du pays. Cette décision fait suite à la pression exercée par le député Roland Ratsiraka, qui s'était publiquement opposé à la participation de la société, accusée de monopoliser le secteur. Ce dernier semble avoir atteint son objectif. Mis à part les querelles et vengeances politiques, ainsi que les stratégies liées à la présidentielle de 2027, il est urgent de se concentrer sur l'essentiel : les emplois menacés par ce retrait, les familles malgaches touchées par cette inaction, et surtout l'impact sur l'économie nationale.

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