Gabon: Noureddin Bongo Valentin dénonce une « parodie de justice » après la fuite d'une vidéo controversée

7 Novembre 2025

En liberté provisoire depuis son exfiltration en mai dernier, Noureddin Bongo Valentin, ancien Coordinateur général des affaires présidentielles du Gabon, refait parler de lui à travers la diffusion d'une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Ce document, filmé plusieurs mois plus tôt à Libreville, montre une rencontre entre Ali Bongo Ondimba, son épouse Sylvia Bongo Ondimba, leur fils Noureddin, et plusieurs autorités judiciaires gabonaises.

Une vidéo au coeur de la tourmente

La séquence a été rendue publique par une activiste gabonaise résidant en France, connue pour son engagement bruyant en faveur de la famille Bongo. Publiée initialement sur sa page Facebook -- avant que celle-ci ne soit suspendue mercredi pour non-respect des règles de la plateforme --, la vidéo suscite une vague de réactions contrastées au sein de l'opinion publique.

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D'un côté, les nostalgiques du pouvoir déchu d'Ali Bongo saluent ce qu'ils considèrent comme une preuve de la « persécution judiciaire » dont la famille présidentielle serait victime depuis la chute du régime en août 2023. De l'autre, de nombreux Gabonais dénoncent une mise en scène orchestrée pour influencer l'opinion et tenter d'entraver le cours normal de la justice.

Noureddin reconnaît être l'auteur de la fuite

Face à l'ampleur du scandale, Noureddin Bongo Valentin a confirmé sur son compte X (anciennement Twitter) être l'auteur de la fuite. Selon lui, la publication de cette vidéo relevait d'un « acte de désespoir », une manière de dénoncer la « parodie de justice » qu'il dit subir, avec sa mère, depuis de longs mois.

« Ma parole seule ne suffisait pas », a-t-il expliqué dans sa déclaration. « J'ai vécu une injustice profonde face à laquelle j'ai longtemps été impuissant. Devant les mensonges répétés des nouvelles autorités gabonaises, je n'avais d'autre choix que de trouver un moyen de montrer, un jour, ce que nous avons vécu, pour que chacun voie par ses propres yeux l'étendue de cette mascarade. »

Pour l'ancien haut responsable, la vidéo symbolise « la manipulation judiciaire » et la « partialité des institutions » sous le nouveau régime. Il affirme avoir reçu de nombreux messages de soutien après la publication du document, qu'il considère comme une forme de « vérité visuelle » face aux accusations qui pèsent sur lui.

Un procès sous haute tension

Toujours poursuivi pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs, Noureddin Bongo Valentin est attendu devant la justice gabonaise le 10 novembre 2025, date prévue pour l'ouverture de son procès à Libreville. Depuis Londres, où il réside sous contrôle judiciaire, le fils aîné d'Ali Bongo maintient sa ligne de défense : il se dit victime d'un acharnement politique et plaide pour une justice « véritablement indépendante ».

« Le Gabon mérite une justice libre de toute instrumentalisation politique ou personnelle », a-t-il déclaré dans un message adressé à ses partisans.

Une affaire à forte résonance politique

La diffusion de cette vidéo, au-delà de son impact émotionnel, relance le débat sur la neutralité du système judiciaire gabonais et la capacité des nouvelles autorités à garantir des procès équitables, notamment lorsqu'ils concernent des figures de l'ancien régime.

Pour certains analystes, la sortie médiatique de Noureddin, soigneusement orchestrée, pourrait aussi relever d'une stratégie de communication calculée, visant à regagner la sympathie d'une partie de l'opinion à l'approche du procès.

Quoi qu'il en soit, cette affaire, à la croisée du judiciaire, du politique et du symbolique, confirme que la transition post-Bongo reste loin d'avoir livré toutes ses vérités. Entre soutien inconditionnel et rejet catégorique, l'image de Noureddin Bongo Valentin continue de diviser, tout comme celle de son père, encore marqué par la fin abrupte de plus d'un demi-siècle de règne familial au sommet de l'État gabonais.

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