Face à la persistance des pratiques néfastes à l'endroit des filles et des femmes, notamment les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces, le Réseau des jeunes pour la promotion de l'abandon des MGF/E mise sur l'implication active des hommes et des garçons. C'est tout le sens de la conférence organisée, hier vendredi 7 novembre, à Sédhiou autour du concept de « masculinité positive », afin de susciter un changement durable de mentalités et de comportements.
Initiée par le réseau, en partenariat avec l'UNFPA, la direction de la protection sociale des jeunes, le Centre Conseil pour Adolescents (CCA) et le CDEPS, la rencontre s'appuie sur les données de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). L'enquête EDS-C 2023 révèle en effet que 48,1 % des filles de moins de 15 ans ont été excisées dans la région de Sédhiou, contre 12 % au niveau national, confirmant ainsi l'ampleur du phénomène.
Pour les membres du réseau, il s'agit d'accroître la sensibilisation et de promouvoir un dialogue inclusif autour de la masculinité positive. « Nous avons organisé cette conférence avec notre partenaire UNFPA à travers la direction de la protection sociale des jeunes, en partenariat avec le centre conseil pour Ado de Sédhiou et le CDEPS.
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La conférence parle de la masculinité positive dans le cadre de l'abandon des MGF et des mariages d'enfant », a indiqué Mme Aminata Sarr, assistante chargée du suivi/évaluation du réseau. Et d'ajouter : « À travers cette conférence, nous voulons vraiment parler aux hommes et aux garçons. Bien vrai que quand on parle de MGF, on s'adresse plus aux femmes, mais les hommes ont un grand rôle à jouer dans la promotion de l'abandon de cette pratique-là. »
Les mutilations génitales féminines et les mariages précoces constituent de graves violations des droits humains. Les premières entraînent souvent des complications obstétricales, des hémorragies, des infections, voire la stérilité ou la mort. Quant aux mariages précoces, ils compromettent la santé des adolescentes, les privent d'éducation et favorisent la pauvreté intergénérationnelle. Ces pratiques, profondément ancrées dans certaines traditions, fragilisent l'avenir des filles et compromettent le développement durable des communautés.
S'exprimant au nom de la directrice nationale de la protection sociale des jeunes, Mamadou Diop Ba, coordonnateur du Centre Conseil pour Adolescents de Sédhiou, a salué cette approche inclusive : « C'est le lieu de magnifier l'approche participative de ce réseau qui a travaillé avec toutes les couches de la population, à savoir les hommes, les garçons, les femmes, les leaders communautaires, religieux comme coutumiers, et les services techniques que nous représentons.
Nous allons davantage travailler et définir les stratégies pour toucher directement les hommes et les garçons afin de renforcer le travail en cours dans le cadre des bonnes pratiques en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines et des mariages d'enfant. »
Plusieurs panels ont ponctué cette conférence, mobilisant acteurs communautaires et jeunes leaders autour de la cause commune : faire reculer les violences basées sur le genre et protéger les droits des filles.
Si les efforts ne s'intensifient pas, Sédhiou risque de voir perdurer un fléau qui détruit des vies en silence. L'urgence d'agir s'impose, car chaque fille exposée aux MGF ou au mariage précoce est une promesse d'avenir brisée