Nigeria: Les accusations de Trump sur des atteintes à la liberté religieuse appuyées par différents lobbys

Les autorités nigérianes ont indiqué le 5 novembre dernier que les déclarations des États-Unis désignant le Nigeria comme un pays portant atteinte à la liberté religieuse étaient « fondamentalement erronées », tout en affirmant rester ouvertes à une coopération en matière de sécurité avec Washington. Donald Trump a agité la menace d'une intervention armée, invoquant une persécution des chrétiens. Des accusations contre Abuja qui sont aussi le fruit de différents lobbyings. Explications.

La semaine précédente, le président Donald Trump a menacé de couper les aides au Nigeria et d'intervenir militairement sur place, si Abuja ne fait rien pour prévenir les attaques des terroristes islamistes, qui cibleraient particulièrement les chrétiens, selon le narratif américain.

Le Nigeria a aussi réintégré la liste américaine des « pays particulièrement préoccupants en matière de liberté religieuse », dont il était sorti en 2021. Mais les accusations formulées par Donald Trump contre les autorités nigérianes sont aussi le résultat du lobbying d'élus conservateurs américains et de groupes évangéliques américains, qui relaient les préoccupations de groupes de pression nigérians.

Le rôle du sénateur américain Ted Cruz

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La charge contre le Nigeria est d'abord venue du sénateur américain conservateur Ted Cruz, très ancré dans la droite religieuse aux États-Unis. Début septembre, celui-ci a présenté un texte visant à requalifier le Nigeria comme un pays violant la liberté religieuse, insistant sur « les massacres de chrétiens par des jihadistes islamistes », un narratif qui s'appuie sur des chiffres sujets à cautions et des témoignages fournis par certains groupes de pression nigérians.

Le média Africa Intelligence a notamment mis en évidence l'activisme du cabinet de lobbying américain Moran Global Strategies (MGS), dirigé par un ancien élu républicain.

Un leader indépendantiste biafrais a interpellé Donald Trump

Cette firme représente notamment le « Gouvernement de la République du Biafra en exil » un groupe qui milite pour l'indépendance de l'ancien Biafra - une région ayant fait sécession de 1967 à 1970 - à l'extérieur du Nigeria.

Le leader indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu, en plein procès pour terrorisme au Nigeria, a lui aussi écrit une lettre à Donald Trump, jeudi dernier, pour dénoncer l'acharnement des autorités nigérianes à son encontre.

Il les accuse de vouloir « faire taire toute voix judéo-chrétienne » dans le pays et met en cause l'action violente de l'armée dans le sud-est, la région dont il est originaire.

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