Mali: Les écoles ont rouvert après deux semaines de suspension

Au Mali, les écoles et universités du pays accueillent à nouveau les élèves. Cela faisait deux semaines que les cours étaient suspendus dans tout le pays. Les autorités maliennes de transition avaient dû prendre cette mesure exceptionnelle en raison de l'embargo sur les importations de carburant imposé depuis début septembre par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda. La pénurie massive d'essence empêchait élèves et professeurs de se rendre dans leur établissement. Ce lundi matin, les cours ont repris.

« Tous mes professeurs ont pu venir et les élèves aussi », se réjouit un directeur d'école de la capitale du Mali, heureux comme un « jour de fête », selon ses propres mots.

« J'ai trois enfants à l'école et des neveux à l'université, ils sont tous en cours aujourd'hui », témoigne pour sa part un Bamakois, qui précise que ses enfants sont partis « en voiture, comme d'habitude », et qu'ils étaient « très contents » de reprendre. « J'ai pu faire un plein mais pas les voisins, raconte un autre parent d'élève, alors j'ai déposé mes enfants et ceux des voisins en même temps ». Un autre encore explique avoir mis ses enfants dans le bus scolaire avant de lui-même partir travailler.

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Amélioration

Selon les témoignages reçus, l'arrivée récente de camions citernes sous escorte militaire permet aux Bamakois de souffler un peu, et de constater une certaine amélioration ces derniers jours. « Cette reprise est possible grâce aux efforts conjugués des autorités, des opérateurs économiques et des chauffeurs », se réjouit un soutien des autorités de transition.

« Mais le problème n'est pas réglé », relativisent avec les mêmes mots plusieurs habitants moins optimistes. Car les Bamakois vivent au jour le jour l'amélioration ou la dégradation de la disponibilité de carburant dans les stations, et la grande majorité des personnes jointes par RFI demeurent clairement inquiètes pour la suite : « Ça va un peu mieux là maintenant, mais pour combien de temps ? » interroge l'une de ces sources.

Plus de 20% d'écoles fermées

« On voit beaucoup d'enfants sur le bord de la route qui attendent, mais les transports collectifs restent rares », témoigne encore un Bamakois. « La rentrée ne sera pas effective partout, surtout à l'intérieur du pays », rappelle un autre.

Outre l'embargo jihadiste sur le carburant, l'extension de la présence du Jnim sur le territoire malien empêche toujours plus de 2 000 écoles sur un total de 9 000 - environ 20% donc - d'ouvrir leurs portes, selon les chiffres officiels publiés en juin par le « cluster éducation », qui rassemble le ministère malien de l'Éducation nationale et l'ensemble des organisations et associations du secteur. Plus de 600 000 jeunes Maliens sont donc, à l'année, privés de leur droit à l'éducation, majoritairement dans le nord et dans le centre du pays.

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