La 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) s’ouvre ce lundi 10 novembre 2025 à Belém, au Brésil, et se tiendra jusqu’au 21 novembre. Cet événement réunit des dirigeants mondiaux, des scientifiques, des organisations non gouvernementales ainsi que des acteurs de la société civile, afin de débattre des mesures prioritaires pour lutter contre le changement climatique.
Les Conférences des Parties (COP), organisées chaque année, constituent le seul forum multilatéral de prise de décision sur les changements climatiques à rassembler presque tous les pays du monde.
Selon les Nations Unies, la COP30 mettra l’accent sur trois priorités : les efforts nécessaires pour limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C, la présentation de nouveaux plans d’action nationaux et l’évaluation des progrès réalisés concernant les engagements financiers pris lors de la COP29.
L’Afrique, un acteur clé de la lutte climatique
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Le continent africain occupe une place centrale dans cette édition, grâce à ses ressources naturelles considérables (forêts, tourbières et systèmes agricoles régénératifs) qui jouent un rôle crucial en tant que puits de carbone, souligne la Banque africaine de développement (BAD).
Ces écosystèmes stockent des milliards de tonnes de CO₂ tout en soutenant des millions de moyens de subsistance liés à l’agriculture, à l’énergie et au commerce. À titre d’exemple, le bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie, renferme environ 60 milliards de tonnes de CO₂, soit près de 4 % du stock mondial de carbone des forêts tropicales.
Lors de la session sur les forêts et les océans, vendredi 7 novembre 2025 au Belém Climate Summit, la délégation du Congo a rappelé que l’Afrique, qui abrite 17 % des forêts tropicales, perd chaque année 3,7 millions d’hectares de forêts tandis que le vice-président du Nigeria, Kashim Shettima, a plaidé pour la mise en place d’instruments pour protéger les forêts et les océans.
« Ce que l’Afrique demande, c’est un accès équitable au marché du carbone pour aider nos pays à mener des activités de restauration des forêts et des ressources océanographiques », a déclaré Dr Sidy Ould Tah, Président de la BAD.
Pour la BAD, la réussite d’une transition énergétique juste et d’un développement résilient face au climat en Afrique repose sur l’accès à des financements accessibles, évolutifs et diversifiés. Avec sa population jeune, ses objectifs d’équité entre les genres et son riche capital naturel, le continent a besoin de modèles financiers inclusifs et innovants capables de transformer ses atouts écologiques en leviers de croissance durable.
La Journée de l’Afrique à la COP30
Dans cette perspective, la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), organise le 11 novembre un événement parallèle dédié à la Journée de l’Afrique.
Placée sous le thème « L’Afrique à l’avant-garde de l’action climatique : un financement durable pour une croissance verte, résiliente et inclusive », cette rencontre de haut niveau s’appuiera sur les conclusions du deuxième Sommet africain sur le climat, tenu à Addis-Abeba.
Le dialogue de la Journée de l’Afrique vise à traduire l’agenda climatique unifié du continent en résultats concrets, notamment en obtenant des engagements contraignants des pays développés pour orienter au moins 30 % du financement climatique vers des initiatives africaines, et en élaborant une feuille de route pour un marché du carbone africain fondé sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
En célébrant la Journée de l’Afrique, responsables gouvernementaux, experts et représentants d’organisations régionales entendent faire entendre la voix collective du continent sur les questions de financement climatique, considéré comme un levier essentiel de diversification économique, de réduction de la pauvreté et d’action climatique transformatrice.
