Mali: Léger répit dans l'embargo jihadiste sur le carburant

Au Mali, les écoles ont rouvert leurs portes après deux semaines blanches, ce lundi 10 novembre. Les cours étaient suspendus dans tout le pays depuis le 27 octobre en raison de la pénurie de carburant orchestrée par le Jnim, lié à al-Qaïda, depuis début septembre. Les jihadistes maintiennent la pression mais des camions citernes ont pu passer entre les mailles du blocus et apporter un répit aux habitants, en particulier à Bamako. Mais jusqu'à quand, et à quel prix ?

Au Mali, il faut toujours faire la queue plusieurs heures pour espérer faire le plein et les stations-service sont loin d'avoir toutes rouvertes, mais le constat est unanime : depuis ce weekend, la situation s'est améliorée à Bamako grâce à l'arrivée récente de camions citernes. Selon plusieurs sources locales concordantes, un convoi de 16 à 19 citernes - le chiffre varie selon les sources -, est également arrivé à Ségou, dans le centre du pays, ce lundi 10 novembre, sous escorte militaire. D'autres sont attendus pour approvisionner la ville, mais également celles de San et de Koutiala.

Rien à Mopti

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De quoi faciliter la reprise des cours, après deux mois de suspension, et soulager les habitants... du moins dans les villes concernées, à commencer par Bamako, car rien n'a été rapporté en revanche en ce qui concerne Mopti par exemple, privée d'essence et d'électricité depuis plus d'un mois. Mais la question est aussi et surtout de savoir jusqu'à quand va durer cette embellie, et à quel prix ?

Chaque goutte de carburant acheminée dans les stations maliennes représente une victoire de l'armée sur les jihadistes qui tentent d'asphyxier l'économie du pays. Mais lorsqu'un convoi arrive à destination se pose immédiatement la question du suivant. Et les besoins du pays - 250 citernes par jour rien qu'à Bamako, selon les estimations - ne sont en aucun cas satisfaits. « Le carburant que nous recevons, c'est du sang humain », déclarait récemment le Premier ministre malien de transition, le général Abdoulaye Maïga, en référence aux militaires et aux transporteurs tués sur les routes maliennes.

Soumpi

Impossible de faire la liste des innombrables attaques jihadistes et des opérations militaires qui se succèdent actuellement. Pour les plus importantes : dimanche 9 novembre, le Jnim a revendiqué 48 militaires maliens tués dans l'attaque, deux jours plus tôt, du camp militaire de Soumpi, dans la région de Tombouctou. Les sources locales jointes par RFI faisaient jusqu'ici état de plusieurs dizaines de morts. L'armée malienne a ensuite repris le contrôle du camp.

Plusieurs attaques ont également eu lieu dans la région de Sikasso : vendredi dernier à Heremakono, les forces maliennes ont essuyé des pertes - aucun chiffre fiable n'a pu être recoupé - avant de repousser les assaillants. Des images de cadavres de jihadistes mutilés ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Samedi, une carrière de gravier exploitée par une entreprise chinoise a été attaquée et des véhicules incendiés à Mountougoula, à une vingtaine de kilomètres de Bamako.

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