À peine vingt mois après son accession à la magistrature suprême, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye se trouve confronté à un dilemme politique délicat : concilier les exigences de son parti, le Pastef, avec celles d'alliés devenus source de tensions internes.
Alors que son gouvernement tente encore d'absorber les répercussions économiques de l'affaire dite de la « dette cachée », le Premier ministre et leader du Pastef, Ousmane Sonko, a publiquement appelé, lors du tera meeting du 8 novembre, le chef de l'État à « se séparer » de certains de ces partenaires jugés encombrants.
Cette sortie du Premier ministre intervient dans un contexte où les équilibres au sein de la coalition présidentielle apparaissent fragilisés. Selon plusieurs observateurs, le leader du Pastef a évoqué, sans les nommer, deux alliés dont les comportements seraient contraires à l'esprit du Jub Jubal Jubanti promu par le président. Il reproche à un des alliés d'avoir été mis en cause dans un rapport de l'Inspection générale d'État pour un montant de deux milliards et au deuxième, des irrégularités financières, mais aussi de chercher à créer une fracture entre lui et le chef de l'État.
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Ces déclarations ont ravivé les tensions au sein de l'exécutif et placé le président Faye devant un choix difficile entre la loyauté à son parti le Pastef et la nécessité de maintenir l'équilibre avec ses alliés. Le choix s'annonce délicat, et pourrait fragiliser durablement la cohésion gouvernementale voir le quinquennat.
Car, au-delà des querelles politiques internes, l'exécutif doit également composer avec un environnement économique tendu. Le Sénégal est actuellement sous pression de ses partenaires financiers, notamment du Fonds monétaire international (FMI), qui recommande une restructuration de la dette publique. Après plusieurs consultations destinées à éclaircir les pratiques de dissimulation de dette sous l'ancien régime, le FMI aurait conditionné tout nouveau programme d'appui à une révision de la dette, désormais estimée à plus de 130 % du PIB.
Une mesure qui impliquerait la suppression de plusieurs subventions, notamment celles liées aux produits de première nécessité, à l'électricité et aux carburants -- une option que le gouvernement, pour l'heure, rejette, au nom de la préservation du pouvoir d'achat et de la stabilité sociale.
Pris entre les exigences de la rigueur économique et celles de la cohésion politique, le président Bassirou Diomaye Faye affronte sans doute l'un des tournants les plus sensibles de son jeune mandat, où chaque choix risque de redéfinir durablement les équilibres du pouvoir