Le gouvernement s'attaque à une zone d'ombre de son économie : l'exploitation minière artisanale. Jusqu'à présent, seules les activités industrielles étaient prises en compte dans les statistiques officielles, laissant de côté un pan pourtant important et rémunérateur du secteur extractif.
Selon le dernier rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les revenus générés par le secteur extractif ont atteint 15,03 milliards de Fcfa en 2022. L'essentiel de ces recettes provient de la fiscalité (86,73 %), contre 13,27 % de revenus non fiscaux. Le phosphate reste la principale ressource exploitée, suivi du calcaire. En revanche, aucune donnée n'existe sur les activités artisanales, malgré leur impact économique local.
Dans certaines régions du pays, notamment les Plateaux et la région Centrale, les populations extraient depuis des années du marbre et d'autres ressources à petite échelle. Ces matériaux sont utilisés dans la construction, mais leur poids économique reste difficile à quantifier en l'absence de données structurées.
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Pour combler ce vide, l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) a lancé une campagne de collecte de données. L'objectif est de mesurer avec précision l'ampleur de l'exploitation artisanale et de mieux évaluer sa contribution au PIB.
Au-delà de l'exercice statistique, les pouvoirs publics entendent mieux intégrer les acteurs de l'économie informelle dans les politiques publiques, améliorer la gouvernance du secteur minier et favoriser un développement local durable.