Dakar s'apprête à accueillir, du 13 au 14 novembre, la troisième édition du colloque international du Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS). Placé sous le thème « Gagner la paix en Afrique de l'Ouest : pour une gouvernance souveraine des ressources et des frontières », l'événement réunira durant deux jours chercheurs, experts, officiers généraux et décideurs politiques autour d'une réflexion stratégique sur les défis sécuritaires et économiques du continent.
Lors d'une conférence de presse tenue le mardi 11 novembre, la commission scientifique du colloque a largement évoqué les enjeux de cette rencontre qui intervient dans un contexte régional marqué par des fragilités sécuritaires et une forte convoitise des ressources naturelles.
Le professeur Saliou Ndiaye, ancien recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a mis en garde contre « une inclusivité excessive dans la gestion des ressources », estimant qu'« elle peut amener des tensions qui justifieraient ce qu'on appelle la malédiction des ressources ». Il a également insisté sur l'importance d'une meilleure administration des frontières : « Leur manque de gestion favorise les trafics illicites et permet à des bandes criminelles de s'infiltrer un peu partout », a-t-il averti.
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Pour le général de brigade Jean Diémé, directeur du CHEDS, ce colloque s'inscrit dans la continuité des réflexions menées depuis la création du centre. « Comme d'habitude, nous aborderons les questions de défense et de sécurité dans notre sous-région, avec une approche adaptée aux réalités africaines », a-t-il précisé.
Une orientation confirmée par Maye Seck Sy, experte en sécurité urbaine et membre du comité scientifique, qui souligne que ce rendez-vous vise avant tout à « capitaliser l'expertise africaine ». Elle explique : « L'idée est de trouver des solutions africaines à des problématiques africaines, de valoriser les exemples réussis et de créer un véritable espace de dialogue entre forces de défense et de sécurité, chercheurs, collectivités territoriales et société civile. »
Cette dynamique de concertation et d'ouverture est également au coeur de la vision défendue par le général Jean-Luc Diène, qui rappelle que « le but du CHEDS n'est pas de se substituer aux hautes autorités, mais de réunir des intelligences pour analyser les situations susceptibles d'impacter nos frontières et proposer des pistes de solutions innovantes ». Il insiste sur la nécessité pour le Sénégal et la région de « rester solidaires face aux défis qui secouent leur voisinage », soulignant les répercussions possibles sur les plans économique et sécuritaire.
Au programme de ces deux journées : plusieurs ateliers thématiques, échanges d'expériences et présentations d'études approfondies sur la souveraineté, la gestion des ressources et la sécurisation des frontières. Un espace de réflexion qui, selon les organisateurs, doit contribuer à renforcer la résilience des États ouest-africains face aux menaces contemporaines et à promouvoir une gouvernance véritablement souveraine et concertée des richesses du continent.