L'ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, a annoncé avoir déposé une dénonciation-plainte auprès de l'Inspection générale de l'administration de la justice (IGAJ) contre le juge Idrissa Diarra, président du collège des juges d'instruction du pool judiciaire et financier. L'avocat reproche au magistrat plusieurs « fautes graves » dans la conduite de l'enquête visant l'homme politique Farba Ngom.
Dans son document transmis à l'IGAJ, Me Thiam évoque des « faits graves » imputés au juge Diarra, qu'il accuse notamment de refus injustifié de mise en liberté de son client, en dépit de « quatre avis médicaux alarmants ». Selon lui, cette décision constituerait trois délits : attentat à la liberté, mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger.
L'avocat affirme que « quatre experts ont confirmé que l'état de santé de M. Farba Ngom est incompatible avec le milieu carcéral » et qu'il « risque une mort subite en plein sommeil ». Il estime que le maintien en détention du mis en cause relève d'un « acharnement réprimé par l'article 106 du Code pénal », disposition qui sanctionne les actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle.
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Me Thiam reproche également au juge une « inertie volontaire » dans la procédure, évoquant dix mois sans audition, ainsi qu'une « déloyauté manifeste contraire à la déontologie des magistrats ». Il l'accuse d'avoir refusé un cautionnement pourtant garanti par des titres de propriété, tout en procédant simultanément à leur saisie conservatoire, ce qu'il considère comme une violation des règles d'éthique et de probité.
L'ancien ministre soutient que le comportement du magistrat relève d'une faute disciplinaire, car il méconnaît les principes et obligations qui encadrent la profession. Selon lui, « le juge Diarra s'expose à la peine de dégradation civique » pour « insuffisance professionnelle doublée de désinvolture ».
Me Thiam invite l'IGAJ à ouvrir une enquête approfondie sur ces faits qu'il juge « répréhensibles », estimant qu'ils traduisent un « manquement manifeste aux obligations déontologiques ». Il va plus loin en affirmant que le magistrat agirait sous « influence politique », accusant le Premier ministre Ousmane Sonko « d'avoir ouvertement mis en cause les magistrats de la Cour suprême ».