Ethiopie: Le Grand barrage constitue un modèle remarquable de mobilisation efficace des ressources nationales selon une chercheuse

Addis-Abeba — Le Grand Barrage de la Renaissance représente un modèle emblématique de mobilisation réussie des ressources nationales, a affirmé Marry Ghenna, chercheuse et consultante en coordination chez Development Reimagined.

Dans un entretien exclusif accordé à ENA, elle a souligné que le Grand barrage illustre parfaitement la capacité d'un pays à financer de grands projets de développement en s'appuyant sur ses propres moyens, un accomplissement d'autant plus remarquable que de nombreux pays africains peinent à accéder à des financements équitables et abordables.

« Le GERD démontre qu'un pays peut mobiliser efficacement ses ressources internes pour concrétiser ses ambitions », a-t-elle indiqué, en évoquant le rôle déterminant de la diaspora, des incitations fiscales ciblées et de mécanismes de financement innovants dans ce succès.

Entièrement financé par des contributions nationales, le barrage a bénéficié d'un large soutien populaire à travers des émissions d'obligations, des dons, des campagnes SMS et d'autres formes d'engagement communautaire.

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Selon la chercheuse, cette participation citoyenne renforce la légitimité du financement national et favorise la transparence aussi bien dans le secteur public que privé.

Elle a ajouté que cette approche ne se limite pas à la collecte de fonds : elle contribue à consolider les mécanismes internes de financement du développement, à soutenir les priorités nationales et à renforcer la confiance publique dans les projets stratégiques tels que le Grand barrage.

Marry Ghenna a par ailleurs rappelé que de nombreux pays africains restent confrontés à des notations de crédit défavorables et à des conditions de prêt rigides, limitant leur capacité à accéder à des ressources financières à faible coût.

Le problème, selon elle, ne réside pas dans un endettement excessif, mais dans un accès inéquitable au financement abordable.

Elle a salué la création de l'Agence africaine de notation de crédit, estimant qu'elle constitue un pas important vers une évaluation plus juste des économies africaines.

Elle a également encouragé des décisions politiques fondées sur des données fiables, notant que le manque de statistiques précises freine souvent la mise en oeuvre de solutions concrètes.

De son côté, Lamine Baali, ambassadeur de la République sahraouie en Éthiopie, a plaidé pour des négociations collectives afin d'obtenir des conditions de financement plus équitables et plus souples auprès des créanciers internationaux.

« L'accès au financement du développement ou à l'endettement pour la croissance doit être facilité pour tous les États membres de l'Union africaine », a-t-il déclaré, appelant à une approche fondée sur l'égalité, la solidarité et la durabilité pour garantir un développement partagé et bénéfique à l'ensemble du continent.

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