Afrique: Traitements inhumains réservés aux migrants illégaux expulsés des USA - Le pays de Kwame Nkrumah « gâte son nom »

12 Novembre 2025

Les services ghanéens d'immigration font parler d'eux, de la très triste manière. En effet, certains de leurs agents sont auteurs d'une scène qui a choqué plus d'un.

Il s'agit d'une femme âgée d'une cinquantaine d'années, qu'ils ont traînée par les jambes, avant de l'installer « manu militari » dans un van, pour la conduire à l'aéroport afin de l'expulser vers son pays d'origine, la Sierra Leone. Faut-il le rappeler, c'était le 6 novembre dernier, que la migrante qui a fui la Sierra Leone pour aller vivre aux Etats-Unis, est arrivée à Accra,

ainsi que 18 autres individus, sans aucun document d'identité, après avoir passé, pour la plupart, plusieurs mois en détention dans des geôles de l'immigration américaine. Une scène regrettable, au regard de la manière dont la pauvre dame a été maltraitée par ses frères africains. Alors que l'on condamne les traitements inhumains réservés aux migrants Outre Atlantique, les pays africains qui les accueillent quand ils sont expulsés, devraient faire montre de solidarité et d'humanisme.

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Quand on sait que nombreux de ces migrants fuient leurs pays respectifs d'origine non pas de gaieté de coeur, mais parce qu'ils y sont contraints, il y a de quoi écraser une larme en observant certains comportements. De ce fait, l'acte posé par les agents des services d'immigration ghanéens est condamnable, et contraire à la vision de l'Union africaine (UA) qui prône une Afrique unie, solidaire et forte.

Aucun pays africain ne devrait être une « terre de déportation »

Fort heureusement, beaucoup l'ont compris, et de plus en plus, des voix s'élèvent pour protester contre cet accord migratoire déshumanisant passé entre Washington et Accra, sous le magistère du président Donald Trump. Mais face à cette bronca, l'on a l'impression que les autorités américaines et ghanéennes font la sourde oreille, ou même que les appels à plus d'humanisme qui sont lancés, ne les émeuvent pas.

Comme cet appel du collectif d'avocats qui a déposé une plainte pour contester la légalité de l'accord. La question que l'on se pose, est de savoir si la plainte en question, a des chances de prospérer. Et si elle aboutissait, face au géant américain, qu'est-ce qui changerait fondamentalement ?

Dans tous les cas, il faut avoir le courage de le dire, le pays de Kwame Nkrumah, l'un des principaux théoriciens et chantres du panafricanisme, l'un des fers de lance de la création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) devenue Union africaine (UA), devrait mettre fin à ces agissements qui ne l'honorent pas, autrement dit, qui « gâtent son nom ».

NB : Langage familier « Gâter son nom », signifie abîmer, souiller ou détériorer sa réputation, souvent par ses actions, ses paroles ou des scandales.

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