Afrique de l'Est: Témoignage des deux Kényans défenseurs des droits de l'homme après leur détention en Ouganda

Au Kenya, ces témoignages poignants. Bob Njagi et Nicholas Oyoo, ont raconté ce 12 novembre lors d'une conférence de presse, à Nairobi, leur détention en Ouganda. Ces deux défenseurs kényans des droits de l'homme, militants du mouvement Free Kenya, ont été libérés en fin de semaine dernière. Ils avaient été enlevés à Kampala, début octobre, alors qu'ils participaient à la campagne présidentielle de l'opposant ougandais Bobi Wine. Pendant 38 jours, ils ont été détenus au secret et reviennent sur leur expérience.

Le 1eᣴ octobre, alors qu'ils se trouvent dans une station essence de la banlieue de Kampala, la capitale de l'Ouganda, les deux militants kényans sont appréhendés par sept hommes armés. Dans la panique, Nicholas Oyoo tente de se débarrasser de son téléphone. « C'est là qu'ils ont commencé à me frapper. J'ai alors compris que c'était sérieux. Le deuxième jour, j'étais attaché et j'ai été fouetté violemment. Ils me posaient des questions concernant les groupes politiques où je militais. Ils s'amusaient même à faire des commentaires. Ils prétendaient être des forces spéciales et disaient : "nous, on ne tire que du torse à la tête". On a subi toutes sortes de tortures psychologiques là-bas ».

Pendant près d'un mois, les deux hommes sont détenus dans une base militaire avant d'être transférés dans une maison avec d'autres prisonniers, notamment des Nigérians. Bob Njagi revient sur ses conditions de détention.

Nous avions les mains attachées jour et nuit. Le deuxième jour, j'ai été torturé durant un interrogatoire. On m'a sorti de cellule, mis une cagoule sur la tête et on m'a attaché à une chaise.

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Bob Njagi dénonce un système de répression qui vient des plus hautes sphères de l'État ougandais. « Tout au long de notre détention, le gouvernement ougandais a nié nous avoir arrêtés. Ces crimes ont eu lieu au centre de commandement des forces spéciales, un terrain d'entraînement pour la garde présidentielle. C'est donc une milice armée qui opère sous les ordres directs du général Muhoozi ».

Le général Muhoozi est le fils du président ougandais et son chef d'état-major. Lors d'une interview le week-end passé, Yoweri Museveni a reconnu que les deux Kényans avaient été arrêtés et « mis au frigo » par ses services de renseignement.

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