Cameroun: Paul Biya face à l'avalanche de commentaires négatifs - Comprendre la crise post-électorale

13 Novembre 2025

Le Cameroun traverse une période de forte tension politique et sociale, exacerbée par la publication controversée des résultats de l'élection présidentielle d'octobre dernier. Dans un contexte de contestation grandissante, le pouvoir en place, aux mains de Paul Biya depuis des décennies, se retrouve une fois de plus confronté à une défiance populaire massive et retentissante. Les "vieux démons" d'un régime perçu comme usé et sourd aux aspirations de son peuple n'ont jamais été aussi visibles.

Ce jeudi, le président Paul Biya a tenté de désamorcer la situation en prenant la parole sur ses réseaux sociaux. Cherchant à se positionner en "garant de la paix" pour prévenir une supposée « crise post-électorale », son message a produit l'effet diamétralement inverse. En quelques heures, la publication a généré une avalanche de commentaires négatifs atteignant un volume sans précédent, avec plus de 300 000 réactions acerbes et critiques. Cet immense déluge numérique est une manifestation brute et quantitative de la profonde colère d'un peuple qui a perdu toute confiance dans le discours officiel.

La principale source de cette indignation réside dans la conviction, largement partagée par une frange significative des Camerounais, que le véritable vainqueur du scrutin est l'opposant Issa Tchiroma Bakary. Ses partisans ont publié des procès-verbaux (PV) contestant les chiffres officiels.

La victoire de Issa Tchirome aurait été confisquée par les institutions électorales, notamment ELECAM et le Conseil constitutionnel, des organismes largement jugés inféodés au régime. Face à ce verrouillage institutionnel, l'opposition et les citoyens se tournent vers l'espace numérique, transformant les plateformes sociales en l'unique tribune de contestation efficace. L'ampleur des réactions démontre que le mécontentement ne se limite plus aux rues, mais a trouvé dans le digital un exutoire puissant.

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