Afrique: Cop 30 - La Côte d'Ivoire mise sur Vigiclimm pour devenir leader de l'alerte météorologique dans le continent

13 Novembre 2025

La Côte d'Ivoire veut prendre de l'avance dans la gestion des risques météorologiques et climatiques grâce au projet Vigiclimm (Vigilance, Prévisions et Alertes précoces, Services climatiques et Météo), présenté à la Cop 30 par le directeur général de la Sodexam.

L'un des nombreux side events organisés le 12 novembre sur le pavillon de la Côte d'Ivoire à la Cop 30 a porté sur la gestion des risques météorologiques et climatiques. Cette session a été animée par Jean-Louis Moulot, maire de Grand-Bassam et directeur général de la Sodexam (Société d'exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique), qui y a exposé l'ambitieux projet Vigiclimm, destiné à moderniser en profondeur les capacités météorologiques nationales.

D'un coût total estimé à 30 millions d'euros, soit près de 20 milliards de F CFA, Vigiclimm vise à améliorer la prévision des risques, renforcer la surveillance des phénomènes extrêmes et fournir des services climatiques plus performants. À ce jour, 18 millions d'euros ont déjà été obtenus grâce à un prêt de l'Agence française de développement (Afd). Selon Jean-Louis Moulot, les discussions se poursuivent à Belém afin de mobiliser les 12 millions d'euros restants, soit 7,9 milliards de F CFA.

« Les 18 millions d'euros acquis grâce à l'Afd ont permis à la Sodexam de conduire, depuis 2024, la première phase du projet, qui devrait s'achever en 2026. Nous recherchons désormais les financements pour la seconde phase prévue en 2027. Pour cela, nous poursuivons les échanges avec le directeur général de l'Afd, ici même à Belém. J'ai bon espoir que nous pourrons parvenir à un accord au terme de nos discussions », a-t-il confié.

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Un projet pour positionner la Côte d'Ivoire comme leader régional

Concrètement, Vigiclimm permettra l'installation de 31 stations météorologiques automatiques dans chacune des régions du pays, la mise en place d'un Centre national d'alerte et de prévisions, actuellement en construction et attendu pour fin 2026, l'acquisition d'un radar météorologique (déjà opérationnel), ainsi qu'un vaste programme de renforcement des capacités techniques de la Sodexam.

« Les équipes de la météo nationale sont actuellement en formation au Maroc, en France et en Chine. La prochaine phase du projet comprendra l'acquisition de nouveaux logiciels et applicatifs pour des traitements plus fins et la production de données sur mesure pour le secteur privé. Elle intégrera également des stations météorologiques marines qui seront déployées le long de nos côtes pour sécuriser la navigation ainsi que les activités de pêche et portuaires, essentielles pour notre économie tournée vers l'océan », a expliqué Jean-Louis Moulot.

Vers une autonomie technologique accrue

Le projet inclut aussi la construction d'un centre de maintenance des équipements météorologiques, actuellement en cours d'installation. « Ce centre nous évitera de renvoyer les équipements défectueux chez les fournisseurs. Il aura une vocation régionale et pourra appuyer les autres pays dans la maintenance de leurs dispositifs », a-t-il souligné.

Jean-Louis Moulot a également indiqué que des discussions sont engagées avec des partenaires asiatiques pour soutenir la modernisation du système météorologique national et y intégrer l'intelligence artificielle. L'objectif est d'obtenir des prévisions plus anticipées et plus précises : « Notre pays veut être à la pointe et devenir un modèle, un leader dans la mise en oeuvre de l'appel du secrétaire général des Nations Unies. »

Pour rappel, en 2022, le secrétaire général de l'ONU a exhorté tous les États à mettre en place, d'ici 2027, des systèmes d'alerte précoce pour protéger les populations face aux impacts du changement climatique, notamment les inondations et autres phénomènes extrêmes.

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