La situation actuelle du Mali suscite depuis quelques jours de multiples réactions au sein de l’opinion publique nationale, sous régionale, et même régionale. La récente sortie de l’Union Africaine jusque- là muette sur la situation de ce pays, interpelle certes les dirigeants du régime en place à Bamako, mais aussi les pays de la sous-région qui,il est vrai, n’ont pas encore digéré la rupture fracassante des pays de l’AES, dont fait partie le Mali, avec la CEDEAO, et qui aujourd’hui, est en proie avec la montée imminente des Djihadistes du Jama’at Nusrat Al Islam Wal Muslimin ( JNIM) autrement dénommé Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans ( GSIM) vers Bamako.
Si la stratégie de l’étouffement économique qui a été mise en œuvre par ce groupe terroriste et ses appuis, n’a pas atteint tous ses objectifs, il reste qu’elle a produit des effets extrêmement pervers sur la situation économique et sociale, au point d’engendrer la fermeture momentanée des écoles, suite à une pénurie sévère de carburant dans la capitale, résultat du blocus sur le trafic routier imposé par les Djihadistes, notamment aux camions citernes devant ravitailler le Mali, qui rappelons-le, est un pays enclavé très dépendant du Sénégal et de la Côte d’ivoire.
En revanche dans le discours officiel, tout semble être sous contrôle ; même si pour les pays voisins et certains analystes, la guerre de l’information laisse place à un certain scepticisme sur la capacité de l’armée malienne à faire face, au regard de la réalité de l’occupation du terrain qui, chaque jour démontre des vulnérabilités réelles des FAMA (Forces armées maliennes).
La communication des djihadistes reste toutefois très impactante sur l’opinion et bien sûr conforte l’idée d’un déni de réalité dans le camp des Forces armées maliennes. L’assassinat récente d’une « influenceuse » proche du régime de Goïta, par le choc qu’il a provoqué en est la preuve éclatante.
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Au fond, c’est comme si dans cette crise sécuritaire, ou le spectaculaire se mêle à la propagande , on en est arrivé au temps de la « post vérité » ; c’est-à-dire, « les circonstances dans lesquels les faits objectifs ont moins d’influence sur la formation de l’opinion publique, que les appels à l’émotion et aux croyances personnelles ».
C’est véritablement tout l’enjeu de la communication des protagonistes, qu’on peut relever, et qui ne manque pas d’effet. De part et d’autre, chacun brandi son bilan, soit pour rassurer de la maitrise de la situation sécuritaire, soit pour montrer sa domination militaire sur le terrain côté Djihadistes.
D’ailleurs, Assimi Goïta a récemment inauguré la deuxième mine de Lithium à Bougouni au Sud du Mali ; mine qui avec sa production de 600 000 Tonnes/ An, va selon un expert malien, positionner confortablement le pays, 1er producteur mondial de lithium, dans l’ère de la transition énergétique écologique. L’objectif de la junte étant de résorber le gap des 45% de la population qui n’ont pas accès à l’électricité.
D’ici là il faudra relever le défi de la sécurité du pays, car le Sud du pays même a fait l’objet d’attaques du JNIM au mois de juillet et aujourd’hui, le blocus sur Bamako illustre si besoin est, la domination des djihadistes, et n’offre d’autre alternative que la négociation.
Cela dit, il est peu probable que Bamako sombre entre les mains des Djihadistes sans réaction de la communauté internationale. Ce serait une erreur stratégique lourde de conséquences.