Afrique de l'Est: Maurice et Madagascar ouvrent des enquêtes parallèles

14 Novembre 2025

L'affaire du vol privé de Trans Ocean Airways, reliant Antananarivo à Maurice, dans la nuit du 11 octobre 2025, continue de susciter de vastes remous des deux côtés de l'océan Indien. Lors d'une question parlementaire cette semaine, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé que la police mauricienne avait ouvert une enquête auprès de Jet Prime Ltd afin d'établir les responsabilités entourant l'arrivée controversée du jet, affrété depuis Madagascar.

Selon le chef du gouvernement, 37 personnes ont déjà été entendues et 52 dépositions enregistrées. L'enquête, coordonnée par le Central Crime Investigation Department et la Financial Crimes Commission, s'étend à plusieurs entités: le Département de l'aviation civile, la Mauritius Revenue Authority, le Département des douanes, le Passport and Immigration Office, Airports of Mauritius CoLtd et le Prime Minister's Office.

Cette approche interinstitutionnelle vise à faire la lumière sur les défaillances administratives qui auraient permis l'atterrissage du Cessna 560XL immatriculé 5R-HMR sans autorisation formelle et totale ainsi que les conditions d'accueil réservées aux passagers du jet, parmi lesquels figuraient l'ancien Premier ministre malgache. Christian Ntsay. et l'homme d'affaires Mamy Ravatomanga.

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De son côté, le ministère malgache des Transports et de la météorologie a ordonné l'ouverture d'une enquête technique auprès de la Direction générale de l'aviation civile. Elle vise à déterminer les circonstances exactes du départ du vol et à vérifier le respect des procédures de clearance internationale.

«Cette démarche s'inscrit dans une volonté de transparence et de rigueur afin de préserver la crédibilité du système de régulation aérienne malgache», indique un communiqué officiel du ministère, qui rappelle que la sécurité et la sûreté aéronautiques restent une priorité absolue pour Madagascar.

Selon le groupe Sodiat Aviation, propriétaire de l'appareil, le commandant de bord aurait pris la décision de décoller sans autorisation finale après l'apparition d'«éléments armés» sur le tarmac de l'aéroport d'Antananarivo-Ivato, invoquant un risque immédiat pour la sécurité des passagers et de l'équipage.

Le pilote aurait toutefois informé la tour de contrôle avant de procéder à un décollage jugé «exceptionnel» dans ces circonstances. Les autorités malgaches s'attachent désormais à reconstituer le déroulement complet des échanges entre la tour de contrôle, l'équipage et les autorités mauriciennes afin de déterminer si le protocole international a été violé.

Tandis que Maurice cherche à comprendre comment un vol privé a pu franchir les contrôles aéroportuaires sans coordination complète, Madagascar s'efforce de déterminer si le départ du jet a respecté ses propres normes de sécurité aérienne.

Les deux pays affichent leur volonté de coopérer étroitement pour lever toutes les zones d'ombre sur ce vol désormais au coeur d'un imposant faisceau d'enquêtes administratives et judiciaires.

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