Sénégal: Protection des enfants - Des acteurs outillés sur les abus et exploitations en ligne

14 Novembre 2025

La direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs), en partenariat avec l'Unicef, a entamé, hier, un atelier de formation de deux jours au profit des juges, avocats, magistrats, travailleurs sociaux... Le thème porte sur les «abus et exploitations en ligne : réponses judiciaires et prise en charge des victimes».

Selon des informations de l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp), plus de 8 millions de Sénégalais utilisent Internet, dont 70% de jeunes de moins de 25 ans. Citant une étude menée par l'Unicef cette année auprès de 1149 enfants, âgés de 9 à 17 ans, la directrice de la direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs) a révélé que 45,6% ont reconnu avoir été victimes de cyberharcèlement et d'intimidation, 41,5% ont été exposés à des contenus inappropriés et 40,3% ont fait face à la prédation sexuelle en ligne ».

Aïssé Gassama Tall s'exprimait, hier, à l'ouverture d'un atelier de deux jours, organisée par son institution, en partenariat avec l'Unicef. Le thème de l'atelier porte sur les «abus et exploitations en ligne : réponses judiciaires et prise en charge des victimes».

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La formation est destinée aux acteurs de la chaîne pénale et de la prise en charge des enfants, à savoir les magistrats, officiers de police judiciaire, travailleurs sociaux, etc. Insistant sur «l'impérieuse nécessité d'une synergie entre les structures et d'une collaboration fluide et systématique», Mme Tall a rappelé que les jeunes sont victimes de terrorisme, de radicalisation et de proxénétisme numérique.

«Le numérique avance à une vitesse vertigineuse et les mécanismes de l'abus et de l'exploitation évoluent avec lui», a-t-elle regretté. Se référant toujours à l'étude de l'Unicef, elle a indiqué qu'il est ressorti que 68 % des acteurs judiciaires et sociaux interrogés ont affirmé n'avoir pas reçu de formation sur la protection en ligne des enfants. Ce qui induit, selon elle, une «lacune importante» dans la formation spécialisée pour traiter efficacement les risques en ligne.

Elle a noté que les agents interrogés ont insisté sur un besoin de formation plus poussée. Les données montrent que 84,62 % des répondants le citent comme un soutien crucial pour améliorer leur efficacité. La première présentation faite par Adama Sow, journaliste et consultant, a fait découvrir des codes insoupçonnés que les mineurs peuvent utiliser sur les réseaux sociaux «cryptés» sous le nez des parents qui n'y voient que du feu.

Pour ne pas être largués par ces outils technologiques sophistiqués, les acteurs de la justice doivent, entre autres, subir des formations et aider les mineurs à maîtriser les outils de signalement. Quant aux parents, il leur suggère de s'orienter vers «l'éducation à l'attention».

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