La Financial Crimes Commission (FCC) a frappé un grand coup, le vendredi 24 octobre, en procédant à l'arrestation de l'homme d'affaires malgache, Maminiaina (Mamy) Ravatomanga. L'interpellation a eu lieu à la clinique Premium Care, à Phoenix, où le magnat séjournait depuis plusieurs jours. Cette arrestation, sur fond d'accusations de blanchiment d'argent à hauteur de plusieurs milliards de roupies, soulève déjà de vives réactions, tant sur le plan judiciaire que diplomatique.
Selon la FCC, Mamy Ravatomanga fait l'objet d'une enquête en vertu des articles 36 et 38 de la Financial Crimes Commission Act. Les soupçons portent sur des transferts financiers complexes liés à des investissements et des acquisitions à Maurice et dans la région. L'arrestation du magnat, connu pour ses liens étroits avec plusieurs cercles politiques malgaches, intervient après plusieurs semaines de surveillance discrète et de recoupement d'informations. Il devait être transféré sous haute escorte vers le siège de la FCC à Réduit pour interrogatoire.
Un volet diplomatique sensible
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Mais l'affaire ne se limite pas au terrain judiciaire. Selon nos informations, une délégation diplomatique de Côte d'Ivoire devrait venir à Maurice dans les prochains jours. L'ambassadeur ivoirien accrédité en Afrique du Sud - également responsable des relations bilatérales avec Maurice - serait pressenti pour effectuer le déplacement.
La raison : Mamy Ravatomanga détient la nationalité ivoirienne et occupe le poste de consul honoraire de Côte d'Ivoire à Antananarivo. Cette double casquette complique la donne. En effet, la question de son immunité en tant que consul honoraire ainsi qu'une éventuelle extradition ou évacuation sanitaire pourraient bientôt se poser. Son avocat, Me Siddhartha Hawoldar, dit n'avoir eu aucune instruction en ce sens concernant cette affaire.
Nous avons contacté l'Attorney-General mais ce dernier dit ne pas vouloir s'exprimer sur ces questions, du moins pas pour le moment. Nous avons aussi posé la question au ministère des Affaires étrangères sur une éventuelle délégation diplomatique de Côte d'Ivoire mais nous n'avons eu aucune réponse.
Du côté de Madagascar, la situation est suivie de très près. Une source proche du bureau de la présidence confirme la ferme volonté de Madagascar sur le dossier de Mamy Ravatomanga et dit suivre les changements diplomatiques de près. L'affaire, mêlant justice financière, diplomatie et enjeux politiques, s'annonce comme l'un des dossiers les plus explosifs de la région océan Indien en cette fin d'année.
Comparution reportée en raison de son état de santé
La comparution de Mamy Ravatomanga, prévue hier en cour de Port-Louis, a été reportée au 20 novembre, vu son état de santé préoccupant. Admis à l'unité des soins intensifs de l'hôpital Victoria, Candos, il a subi une angioplastie, lundi. Il nous revient que hier après-midi, il aurait demandé à retourner à la clinique Premium Care. Sa présence en cour étant déconseillée par ses médecins, l'affaire dans laquelle il est accusé provisoirement de blanchiment d'argent et de complot, a été renvoyée à une date ultérieure.