Afrique Centrale: Alors qu'une opération militaire conjointe RDC-Rwanda en cours de préparation - Les rebelles rwandais conditionnent leur reddition à l'ouverture du dialogue avec Kigali

Les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda ont répondu par une fin de non-recevoir aux appels du gouvernement de Kinshasa de déposer les armes. En attendant, Kinshasa et Kigali s'apprêteraient à lancer des opérations militaires conjointes contre ces rebelles.

Dans un communiqué, les FDLR conditionnent leur désarmement à l'ouverture d'un dialogue direct avec le régime de Paul Kagame. Selon ce groupe, actif depuis plus de deux décennies dans les provinces de l'Est congolais, toute tentative de neutralisation par la force serait perçue comme une violation des droits des réfugiés rwandais, qu'ils affirment protéger contre des retours forcés orchestrés avec la complicité du HCR.

«Nous ne sommes pas des terroristes, nous défendons les droits des réfugiés rwandais qui refusent de retourner dans un pays où leur sécurité n'est pas garantie », déclare un porte-parole des FDLR avant d'appeler à une médiation internationale, qu'il considère comme la seule voie pour parvenir à un règlement politique durable du conflit et instaurer une stabilité régionale.

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La position des FDLR intervient dans un contexte de fragilité sécuritaire persistante dans l'Est de la RDC, où coexistent plusieurs groupes armés. L'annonce d'une collaboration militaire entre Kinshasa et Kigali suscite déjà des inquiétudes au sein de la population locale, traumatisée par les précédentes interventions rwandaises sur le sol congolais.

Et pour rappel, le gouvernement congolais, par la voix des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), avait appelé les FDLR à déposer les armes et à se rendre. En cas de refus, l'armée congolaise prévient qu'elle usera de la force.

Le lieutenant-colonel Octavien Mutimura, porte-parole des FDLR-FOCA, a déclaré sur les ondes de RFI que les rebelles ne déposeront pas les armes sans contrepartie politique.

« On doit juger la cause de notre lutte armée. Nous sommes là pour nous protéger et protéger les réfugiés rwandais abandonnés. Remettre les armes sans que toutes les conditions soient réunies, c'est une utopie », a-t-il affirmé.

Selon lui, seule l'ouverture d'un dialogue inclusif entre Rwandais pourrait mettre fin au conflit. « Nous résisterons jusqu'à ce que Kigali admette un dialogue inter-rwandais et le retour des réfugiés en toute dignité », a-t-il ajouté, accusant le Rwanda d'orchestrer des attaques contre les FDLR via les rebelles de l'AFC/M23. « L'AFC/M23 nous attaque et menace nos réfugiés. Nous sommes dans l'obligation de les protéger. »

Le 7 novembre, les autorités congolaises et rwandaises ont annoncé avoir examiné les préparatifs d'une opération militaire conjointe contre les FDLR et adopté un accord de mise en oeuvre. Kigali considère ce groupe comme une organisation génocidaire et une menace permanente pour sa sécurité nationale.

 

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