Les premières décisions judiciaires sont tombées dans l'affaire de la convention de prêt entre la CNaPS et la SMGD. Après de longues auditions, un premier mandat de dépôt a été délivré.
Les décisions sont tombées dans l'affaire liée à la convention de prêt qui unit la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNaPS) à la Société municipale de gestion digitale (SMGD). Les auditions, commencées jeudi après-midi, ont duré douze heures et ne se sont achevées qu'hier matin. À l'issue de ce long interrogatoire, le juge d'instruction du Pôle anti-corruption (PAC) a ordonné le placement sous mandat de dépôt de l'ancien directeur général de la CNaPS, Mamy Rakotondraibe, incarcéré à Antanimora.
Au total, seize personnes sont concernées par ce dossier aux ramifications politiques, administratives et financières. Cinq d'entre elles ont été placées sous contrôle judiciaire, parmi lesquelles la maire de la Commune urbaine d'Antananarivo (CUA), Harilala Ramanantsoa, le directeur général de la SMGD, Thierry Andriamananony, ainsi que Claudia Pichler Andriantsitohaina, épouse de l'ancien ministre et ex-maire de la capitale, Naina Andriantsitohaina. Sept autres mis en cause ont obtenu une liberté provisoire. Quant à Naina Andriantsitohaina, il fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt. Le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) attendrait la notification du PAC pour son exécution.
Plusieurs charges retenues
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Les charges sont lourdes: abus de fonction, détournement de deniers publics, prise illégale d'intérêts, octroi d'avantages indus, conflits d'intérêts, blanchiment de capitaux et entrave au bon déroulement de l'enquête.
Hier, lors d'un petit-déjeuner de presse au siège de l'institution à Ambohibao, le directeur général du Bianco, Gaby Nestor Razakamanantsoa, a confirmé l'existence d'un conflit d'intérêts : au moment de la signature de la convention de prêt, Naina Andriantsitohaina était à la fois président du conseil d'administration et actionnaire de la SMGD, tout en exerçant les fonctions de maire de la capitale.
Le Bianco a également révélé qu'une part considérable du montant emprunté 11 milliards d'ariary aurait été versée en « indemnité transactionnelle ». Environ 9 milliards d'ariary auraient été affectés à cette ligne financière, inscrite dans la convention mais restée confidentielle, les signataires invoquant une clause de confidentialité.
Concernant Claudia Andriantsitohaina, son placement en garde à vue serait lié, selon le Bianco, à son statut de bénéficiaire de fait d'actes de corruption, conformément à la loi anti-corruption de 2016. Elle est également soupçonnée d'avoir entravé une perquisition menée au domicile familial à Andranobevava, un acte qualifié d'infraction par le Bianco.
L'enquête se poursuit, comme l'a précisé hier le procureur général par intérim du PAC, Bendrainy Velo, dans un communiqué de presse.