La quatrième journée de la réunion annuelle de l'approche « Une seule santé » de la CEDEAO, tenue le 13 novembre 2025 à Accra, a été marquée par un panel de haut niveau consacré aux initiatives et collaborations visant à renforcer la santé intégrée en Afrique. Chercheurs, experts et partenaires techniques ont présenté les efforts en cours pour mieux coordonner les actions face aux menaces sanitaires multiformes.
Prenant la parole, le Dr Abraham Alemayehu, du Centre africain pour le contrôle des maladies (Africa CDC), a rappelé l'engagement de l'institution à instaurer durablement la vision « Une seule santé » au sein des États membres. Il a souligné que cette approche constitue une priorité stratégique pour l'Africa CDC, qui a récemment lancé deux instruments majeurs : le Cadre de prévention et de contrôle des zoonoses (2025-2030) ; le Cadre stratégique sur le changement climatique et la santé (2025-2029).
Ces dispositifs, déployés à moyen terme, s'accompagnent d'un renforcement de la surveillance épidémiologique en Afrique de l'Ouest et d'un appui aux pays dans l'élaboration de plans d'action nationaux. L'Africa CDC soutient également un programme transfrontalier de détection et de réponse rapides, essentiel dans un contexte de risques sanitaires partagés.
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« Nous pouvons collaborer avec les partenaires pour institutionnaliser une plateforme conjointe de planification et de coordination », a affirmé Dr Alemayehu.
De son côté, le Dr Tièblé Traoré, représentant l'OMS/AFRO et membre de la Quadripartite Une seule santé, a rappelé que cette approche est au coeur des priorités programmatiques de l'Organisation mondiale de la santé. Il a assuré les pays de la disponibilité de l'OMS à les accompagner dans la formulation de politiques et la fourniture d'une expertise technique adaptée.
Intervenant au nom de l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), également membre de la Quadripartite, le Dr Serge Pouam a mis en avant les efforts de lutte contre la rage, soulignant que cette zoonose demeure insuffisamment maîtrisée sur le continent.
Avec un réseau de plus de 300 centres, l'OMSA se dit prête à soutenir les États. « Nous avons la capacité d'aider les pays qui en ont besoin. Nous sommes disponibles à l'échelle régionale », a-t-il assuré.
Représentante du programme RPPP financé par la GIZ, Fatima Zanna a insisté sur l'importance de consolider les nombreuses plateformes de coordination existantes, afin d'améliorer l'efficacité des actions. Elle a également rappelé que la mise en oeuvre de l'approche « Une seule santé » repose avant tout sur les pays eux-mêmes.
« Aucun ministère ou agence ne sera exclusivement dédié à "Une seule santé". C'est à vous de réfléchir à l'intégration de ses principes dans vos activités », a-t-elle déclaré, invitant par ailleurs les États à impliquer davantage les universitaires, notamment les doctorants, dans les recherches sur cette thématique.
Enfin, le Dr Olivier Manigart, représentant du PROALAB, a souligné la nécessité de mieux relier la décision politique aux actions de terrain. Selon lui, la réussite de l'approche « Une seule santé » passe par la mobilisation d'équipes opérationnelles capables d'assurer la mise en oeuvre effective des résolutions adoptées.
À Accra, les discussions ont confirmé un consensus : seule une coopération renforcée entre institutions, États, chercheurs et partenaires permettra à l'Afrique de répondre de manière coordonnée et durable aux défis sanitaires, environnementaux et climatiques.
Source: Sercom