Sénégal: Le président de l'Union des magistrats déplore le manque de moyens alloués à la justice

Dans un entretien accordé à la télévision nationale dimanche 16 novembre, Cheikh Ba fustige un appareil judiciaire en proie à un manque chronique de personnel qui l'empêche de fonctionner normalement et appelle à un recrutement massif de magistrats et de greffiers pour redonner de la crédibilité à l'institution.

Régulièrement épinglée pour sa lenteur - voire son manque d'indépendance présumé - la justice sénégalaise sort de son silence. Dans un entretien accordé à la télévision nationale ce dimanche 16 novembre, le président de l'Union des magistrats est revenu sur ces critiques, évoquant plutôt un appareil judiciaire en proie à un manque chronique de personnel qui l'empêche de fonctionner normalement.

Avec seulement 546 magistrats pour 18 millions d'habitants, 550 greffiers alors qu'il en faudrait deux par magistrat, et des cabinets d'instruction en surchauffe avec, en général, 500 voire 600 dossiers en cours d'examen, Cheikh Ba estime en effet qu'il est, dans ces conditions, impossible de rendre justice dans des délais raisonnables. « Savez-vous quel est le principe qui est violé ? Le principe de célérité. C'est pourquoi, quand les gens disent que la justice est lente, il faut plutôt dire que la justice est submergée ! », a-t-il ainsi expliqué dans son interview à la RTS.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Et celui-ci d'appeler, dans la foulée, à une réforme urgente de la justice via, notamment, un recrutement massif de personnels pour redonner de la crédibilité à l'appareil judiciaire. Au passage, ce dernier en a aussi profité pour évoquer la situation catastrophique de la surpopulation carcérale dans le pays où les prisons abritent trois fois plus de détenus que le prévoient leurs capacités d'accueil et où aucun nouvel établissement pénitentiaire n'a été construit depuis l'indépendance en 1960.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.