Afrique: Rugby à VII - Africa Women's Cup - Le bilan exige une relève

L'Africa Women's Cup 2024 s'est clôturée dimanche au Kenya, dominée sans partage par l'Afrique du Sud, sacrée championne après sa victoire écrasante 22-0 contre le pays hôte. Madagascar termine à la quatrième place, derrière l'Afrique du Sud, le Kenya et l'Ouganda, un classement conforme à la hiérarchie continentale.

D'un point de vue structurel, le classement est logique mais laisse un goût d'inachevé. Auteur d'un excellent départ avec trois victoires de rang, les Ladies Makis ont ensuite sombré en demi-finale face à la future championne, avant de s'incliner lors du match pour la troisième place. C'est à partir du dernier carré que les critiques se sont multipliées.

« Certaines joueuses ne méritent plus d'être rappelées parce que le poids de l'âge commence à se faire sentir et n'aide pas dans la récupération. L'usure physique devient un handicap à partir d'un certain âge face au rugby féminin africain en plein essor », juge Léon Mamitiana, supporter fidèle des Ladies Makis.

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Du côté de Dominique Falimalala, supporter des Ladies Makis, l'analyse est similaire : « Face à de grandes équipes comme l'Ouganda, le Kenya et l'Afrique du Sud, Madagascar peine à trouver des solutions. Peut-être que le coach atteint ses limites dans son style managérial. Il ne suffit plus de hausser le ton sur le terrain, il faut aussi s'adapter à l'évolution du rugby féminin en Afrique». Ces propos reflètent une frustration croissante face à la stagnation du niveau de jeu malgache au plus haut niveau.

Des adversaires émergents comme la Zambie ou la Tunisie représentent désormais une menace réelle, capables de bousculer Madagascar, qui occupait autrefois sans partage le Top 4 continental. Cette place, autrefois acquise, se voit aujourd'hui sérieusement contestée.

Soutien et renouvellement

Pour l'ancien sélectionneur des Ladies Makis à 7, Éric Randrianarison, le constat est double : « Le problème pour nos joueuses, c'est le temps de récupération. Elles ont été surentraînées et n'arrivent plus à répondre physiquement aux nations puissantes. Un soutien psychologique et nutritionnel tout au long de la préparation leur serait bénéfique ».

Malgré les difficultés, il salue l'engagement des joueuses, dont le quotidien sportif reste semé d'embûches : attirer des filles vers le rugby est déjà un défi, elles sont peu nombreuses malgré les efforts de vulgarisation hors d'Antananarivo.

« Il est désormais crucial de dénicher de jeunes joueuses dotées des qualités nécessaires: physique, habileté et technique. Les ligues régionales et les CTR doivent jouer pleinement leur rôle pour alimenter la sélection », insiste Éric Randrianarison.

Même son de cloche du côté de Antsoniandro Randrianorosoa, DTN de Malagasy Rugby : « Il est temps de préparer la relève. Certaines titulaires sont plus âgées et devront être remplacées progressivement ». L'objectif olympique ne pardonnera aucune approximation si l'on rêve de Los Angeles 2028.

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