Quarante-quatre députés nigérians de la Chambre des représentants ont lancé un appel pressant au Président Bola Ahmed Tinubu pour qu'il use de son autorité exécutive afin d'obtenir la libération de Mazi Nnamdi Kanu. Cette initiative vise à privilégier l'apaisement et la recherche d'une solution politique durable aux tensions régionales.
Mazi Nnamdi Kanu est une figure centrale et controversée de la politique nigériane. Il est le leader du Mouvement pour l'indépendance du Biafra (IPOB), un groupe qui milite pour la sécession de la région du Sud-Est (majoritairement Igbos) du Nigéria, et la restauration de l'ancienne République du Biafra. Son militantisme est considéré comme subversif par le gouvernement fédéral, ce qui lui vaut d'être détenu et poursuivi pour des chefs d'accusation comme le terrorisme et la trahison.
Un collectif baptisé les "parlementaires fédéraux préoccupés", regroupant près d'une cinquantaine de membres de la Chambre basse, a transmis une missive formelle au Président Tinubu. Ils le pressent d'intervenir promptement en demandant au Procureur général de la Fédération d'utiliser ses prérogatives constitutionnelles pour abandonner les poursuites engagées contre le leader de l'IPOB, actuellement en détention.
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Selon le journal The Nation, des noms comme l'honorable Ikenga Imo Ugochinyere et l'honorable Harrison Nwadike confirment l'ampleur et le caractère transversal de cette démarche au sein de l'Assemblée.
Le document adressé à la Présidence justifie cette démarche en l'inscrivant dans le cadre de l'"intérêt national". Les parlementaires soulignent plusieurs facteurs essentiels : leur plaidoyer repose sur le besoin impératif d'une réconciliation nationale rapide, en particulier face à la persistance d'une insécurité alarmante dans le Sud-Est depuis 2015, une situation qu'ils associent directement à l'existence de ce mouvement. De plus, ils s'appuient sur les nombreuses décisions rendues par des juridictions, tant nationales qu'internationales, qui ont été favorables à Mazi Nnamdi Kanu.
L'objectif affiché des élus n'est pas limité à la seule libération de Mazi Nnamdi Kanu. Ils souhaitent que cet acte de clémence soit le prélude à l'établissement d'un "dialogue constructif" permettant de dégager un consensus politique équitable et durable.
Cet appel parlementaire place la question de la détention de Mazi Nnamdi Kanu au centre des préoccupations politiques du pays. Il incite l'administration du Président Tinubu à envisager sérieusement l'option d'une résolution politique plutôt que de s'en tenir à la procédure judiciaire, afin de désamorcer les vives tensions qui persistent dans l'Est nigérian.