Afrique de l'Ouest: Tournée africaine du président Emmanuel Macron - Chassée du Sahel, la France à la recherche d'un nouveau souffle

Emmanuel Macron, Président de la France
18 Novembre 2025

Cinq jours pour visiter quatre pays africains ! C'est donc une visite au pas de course qu'entame, le 20 novembre 2025, le président français, Emmanuel Macron, en Afrique, qui le conduira, tour à tour, à l'Ile Maurice, en Afrique du Sud, au Gabon et en Angola.

Pourquoi le choix de ces pays ? S'il est difficile de répondre, avec certitude, à cette question que se posent les uns et les autres, on sait, par contre, que les pays inscrits à l'ordre du jour de la visite du locataire de l'Elysée, ne manquent pas d'atouts. Loin s'en faut ! Bien au contraire, ils peuvent être présentés comme des pôles d'attraction.

A commencer, par exemple, par l'Ile Maurice qui, présentée comme une « success story », est connue pour être un pays politiquement et économiquement stable. Toutes choses qui attisent les convoitises des entreprises françaises. Quant à l'Afrique du Sud, elle est connue pour être une puissance économique africaine, avec un sous-sol extrêmement généreux. L'Angola, quant à lui, fait partie des pays les mieux lotis en matière de ressources naturelles sur le continent, présenté comme un acteur majeur en terme de production de pétrole.

Avec ses importantes richesses minières, le Gabon est aussi considéré comme un scandale géologique et écologique. En effet, en plus du manganèse dont il est l'un des plus grands producteurs mondiaux, le Gabon dispose d'importants gisements d'or et d'uranium. De ce qui précède, on comprend, dès lors, les motivations du président Emmanuel Macron qui a choisi de se rendre dans ces pays sus-cités. Il n'y va pas, il faut le relever, pour les beaux yeux des dirigeants de ces pays.

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La France opère un changement de paradigme

Mais il y va pour parler affaires, si l'on peut s'exprimer ainsi. Ce sont les intérêts qui guident les pas. Avec juste raison d'ailleurs. Car, chassée du Sahel dans les conditions que l'on sait, la France est à la recherche d'un nouveau souffle. Et l'Elysée le confirme quand elle soutient que l'objectif du déplacement de Macron, est « d'impulser des dynamiques et de valoriser le renouvellement de la relation entre la France et l'Afrique ». Tirant visiblement leçon de ses erreurs du passé, la France, on le sent, opère un changement de paradigme.

Elle semble mettre davantage l'accent sur une approche moins militaire, plus tournée vers la jeunesse, le travail mémoriel, avec de nouveaux partenariats hors de son pré-carré. On se rappelle encore les fermetures de ses bases militaires intervenues dans certains pays comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Gabon avec lesquels la France entretient d'excellents rapports.

Mais pour avoir été humiliée au Sahel, la France a voulu prendre les devants afin de parer à toute éventualité. Car, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, la France, à moins d'adopter une approche plus respectueuse de la souveraineté des Etats, courrait le risque de subir le même sort dans toutes ses colonies africaines que ce qu'elle a subi au Sahel. Elle est victime de ses propres turpitudes ; elle qui, pendant des décennies, s'arrogeait le droit d'ingérence dans les affaires internes de certaines de ses ex-colonies.

Emmanuel Macron doit garder à l'esprit que ses faits et gestes seront scrutés de très près

Maintenant, les temps ont changé. Et c'est tant mieux si la France et ses dirigeants ont compris que ce qu'ils faisaient, il y a de cela 40 à 50 ans en arrière, n'est plus possible aujourd'hui ; tant les peuples ont désormais les yeux décillés. Ces derniers ne sont plus prêts à s'en laisser conter.

Cela dit, en venant en terre africaine, Emmanuel Macron doit garder à l'esprit que ses faits et gestes seront scrutés de très près ; lui qui, par-moments, fait montre d'une arrogance langagière dont lui seul a le secret. Il est donc prévenu pour autant qu'il ne veuille pas transformer son opération de charme, en une opération de répulsion avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

Peut-être espère-t-on que le sommet du G20 auquel il participera en Afrique du Sud, lui offrira l'opportunité de se rabibocher avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune qui, naguère, a accordé une grâce présidentielle à l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal. On attend de voir.

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