Afrique: «Soit tu passes, soit tu meurs» - Des réfugiés soudanais racontent leur fuite d'El-Fasher

Au Soudan, depuis la prise d'El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti, le 26 octobre 2025, environ 2 000 réfugiés traversent chaque semaine la frontière pour se mettre à l'abri au Tchad. Tous racontent l'horreur : massacres, violences ethniques, viols. L'un des principaux points d'entrée est Tiné, au nord-est du Tchad.

Dans le centre de transit de Tiné, Samira Mohamat Abaker et ses enfants attendent d'être relocalisés dans des camps voisins. Ils ont fui El-Fasher, au Soudan, quelques heures après la chute de la ville.

« On était cachés dans des trous sous terre », raconte la mère de famille. « On y restait deux ou trois jours, et quand il y avait une accalmie, on sortait pour chercher à manger... des céréales que je mélangeais avec de l'eau pour mes enfants et qu'on mangeait à l'intérieur des trous ».

Des tranchées visibles depuis l'espace

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À quelques mètres du poste-frontière, une autre famille s'installe sous une petite cabane de Médecins sans frontières. Eux ont quitté la ville quelques jours avant l'assaut final. Le fils, qui souhaite garder l'anonymat, raconte l'horreur de leur fuite.

« Tu n'as pas d'autre choix que de partir la nuit ... à partir de 21 h environ. Soit tu passes, soit tu meurs. Et tu dois passer par la tranchée. Ils l'ont creusée tout autour d'El-Fasher. Il y a une quantité de cadavres dans cette tranchée... c'est dans un tel état de putréfaction que tu as du mal à marcher. T'es obligé de te frayer un chemin et de marcher dessus. Et si tu entends un bruit ou les paramilitaires arriver et bien, tu te mets au milieu des cadavres et tu fais le mort ».

Des images satellites confirment l'existence de tranchées à certains points autour d'El-Fasher. Ces tranchées, que les soudanais appellent le « trottoir », sont mentionnées par de nombreux réfugiés qui ont quitté la ville ces derniers mois.

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