Congo-Kinshasa: Conflit dans l'est de la RDC - Où en est le dialogue national porté par les confessions religieuses?

Près de trois mois après l'adoption d'une feuille de route pour le dialogue national inclusif destiné à enrayer la crise politique et sécuritaire dans l'est de la RDC, les confessions religieuses congolaises qui portent l'initiative attendent toujours que le président convoque l'événement.

Alors que Kinshasa et la rébellion de l'AFC/M23 ont signé le week-end dernier à Doha un accord-cadre qui ouvre la voie à huit protocoles de négociation et que l'opposant Martin Fayulu vient de relancer l'appel à un dialogue national en RDC, où en est ce processus porté par les différentes confessions religieuses du pays ?

Près de trois mois après l'adoption d'une feuille de route à l'issue de quatre séances de travail en juillet et en août puis d'un atelier de cinq jours avec - entre autre - des proches collaborateurs du président, ces dernières attendent toujours sa convocation. Mais le président Félix Tshisekedi, lui, garde le silence.

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Depuis la fin du mois d'août en effet, celui-ci s'est contenté de donner quelques indications sur ce qu'il souhaite. Dans le courant du mois d'octobre, le chef de l'État a ainsi rejeté l'idée d'un dialogue incluant des représentants « de l'agresseur ». Dans son entourage, on affirme aussi que Félix Tshisekedi estime que le moment d'organiser l'événement n'est pas encore venu. La situation conduit en tout cas certains de ses opposants à le soupçonner de vouloir se positionner en maître du tempo, à vouloir définir le cadre du dialogue, ses participants, ses objectifs... et même à vouloir choisir lui-même quand il aura lieu.

Une initiative au parcours semé d'embûches

Depuis qu'elles ont pris l'initiative de ce dialogue au mois de février, les Églises catholique et protestante congolaises ont pourtant dû franchir de nombreux obstacles pour le faire valoir. Leurs représentants ont d'abord parcouru le monde pour rencontrer des responsables américains, européens, africains, ainsi que des acteurs politiques et des membres des mouvements armés impliqués dans le conflit qui déchire l'est de la RDC. Considérant la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l'Église du Christ au Congo (ECC) comme proches de l'opposition, la méfiance de Félix Tshisekedi est toutefois restée forte à ce stade.

Pour donner corps au processus, il a alors exigé un élargissement de la démarche, demandant à ce que d'autres confessions religieuses y soient associées pour la rendre plus inclusive. Mais même cela n'a pas suffi : par la suite, des membres de son cabinet ont été intégrés à la démarche pour en retravailler le concept et proposer une nouvelle feuille de route présentée le 25 août 2025.

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