Ile Maurice: Statu quo pour les ouvriers et le ministre interpellé

19 Novembre 2025

Une nouvelle rencontre s'est tenue lundi entre le syndicaliste Fayzal Ally Beegun, des ex-employés de la défunte entreprise Star Knitwear et le ministre du Travail, Reza Uteem. Si les attentes étaient grandes, le constat demeure inchangé: la compensation due aux travailleurs reste au statu quo. «Le gouvernement compte intervenir auprès de la MauBank une fois que les équipements seront vendus. Pour l'heure, tout avance au pas», explique le syndicaliste, visiblement frustré par la lenteur des procédures.

Pour beaucoup de ces anciens employés, l'attente dure depuis le début de l'année. Une situation difficile, voire cruelle, selon Fayzal Ally Beegun. «On ne veut pas que ceux qui ont travaillé pendant toutes ces années décèdent sans avoir obtenu leur compensation. Malheureusement, dans certaines entreprises sous liquidation, c'est souvent le cas», déplore-t-il. Le syndicaliste souligne que le ministre se serait montré favorable à ce que les dettes accumulées par l'ex-usine soient réévaluées. L'essentiel de ces dettes concerne la MauBank, d'où l'importance d'une intervention gouvernementale.

Le ministre a toutefois rappelé qu'un délai légal encadre la vente des assets, étape indispensable avant tout déblocage de fonds. «Il devra s'acquitter des dettes prises auprès du gouvernement, des salaires et de tout le reste. Nous allons intervenir pour que les employés puissent toucher leurs 15 jours par année de service, leur congé annuel, leurs congés maladie et tous les bénéfices auxquels ils ont droit», insiste Fayzal Ally Beegun. Une fois les équipements vendus, le gouvernement pourrait alors envisager un write-off du reste des dettes, ce qui faciliterait le versement des compensations tant attendues.

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Mais la rencontre a également été l'occasion d'aborder un sujet autrement plus inquiétant : le trafic humain. Le syndicaliste affirme avoir alerté le ministre sur des pratiques illégales impliquant certains agents recruteurs. «Selon mes sources, ils prennent des travailleurs en situation irrégulière et les 'revendent' entre Rs 20 000 et Rs 25 000. On se demande pourquoi les employeurs impliqués ne sont pas arrêtés, alors qu'on interpelle les travailleurs dits illégaux», s'indigne-t-il. Pour lui, une réaction plus ferme des autorités s'impose : «La police doit agir rapidement contre ceux qui tolèrent et alimentent cette illégalité.»

Tandis que les anciens employés de Star Knitwear restent suspendus aux décisions gouvernementales, le syndicaliste espère que les discussions de ce lundi permettront enfin d'accélérer un dossier qui, pour beaucoup, relève désormais de la survie.

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