Les choses se précisent un mois après la prise du pouvoir par les militaires à Madagascar. En rappel, le 14 octobre 2025, des soldats malgaches, menés par le colonel Michael Randrianirina de l'unité CAPSAT, ont pris le pouvoir suite à la destitution du président Andry Rajoelina par l'Assemblée nationale. Ils ont suspendu la Constitution et dissous le Sénat ainsi que la Haute Cour constitutionnelle, tout en laissant l'Assemblée nationale continuer son travail.
Mais à la génération Z ce qui est à la génération Z : c'était ces jeunes gens qui ont en effet préparé le terrain suite à des manifestations pendant plusieurs semaines pour réclamer l'eau et l'électricité, scandant à tue-tête : « Rajaloena dégage », avec des échauffourées qui avaient fait une vingtaine de morts, sans oublier les nombreux pillages. La GEN Z ayant ainsi tiré les marrons du feu, les militaires se sont juste courbés pour les ramasser.
Aujourd'hui, si l'on suit ce qu'il convient d'appeler chez nous le Discours de politique générale du Premier ministre malgache, une transition sera à l'ordre du jour, laquelle est prévue pour durer deux ans. Une feuille de route a été tracée et découpée en cinq étapes clés : concertation nationale, référendum constitutionnel, refonte de la Constitution et remise à plat de certains textes, adoption d'une nouvelle Constitution, élection présidentielle.
Et comme pour donner des gages à la génération Z, le chef du gouvernement, Herintsalama Rajaonarivelo, a martelé à deux reprises que ce serait deux ans, la durée de la transition. Pas plus.«Notre souhait est que tout soit fait en deux ans. Nous ne voulons pas tromper la population», a déclaré le locataire d'Iavoloh. Sauf que ce ne sera pas lui qui aura le dernier mot. Lors de sa prise du pouvoir, le colonel Michael Randrianirina n'avait-il pas déjà prévenu qu'aux 2 ans de transition pourrait s'ajouter une année additionnelle si nécessaire et que tout dépendrait de la volonté du peuple ?
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Point n'est besoin non plus d'avoir une boule de cristal pour estimer qu'il n'est pas exclu que le tombeur de Rajoelina fasse acte de candidature. L'ancien président lui-même n'avait-il pas accédé au pouvoir par le truchement d'une insurrection ? En 2009, alors maire d'Antananarivo, il a mené une série de manifestations qui ont entraîné un coup d'Etat perpétré par l'armée, ce qui a conduit à la démission du président Marc Ravalomanana. Il s'est auto-proclamé président d'une transition, avant d'être élu à la présidence en 2018 et réélu en 2023.
Mais en attendant, il faut que les Malgaches mangent ! Et c'est à cette urgence que se doit de satisfaire le nouvel homme fort de la Grande Île, d'autant plus que ce sont les préoccupations socio-économiques de ses désormais administrés qui ont prévalu à son arrivée au pouvoir. C'est donc sur ce chantier que l'attendent les Malgaches. Ne dit-on pas que c'est au pied du mur qu'on reconnaît le bon maçon ?