Un programme de formation destiné aux agents chargés de la lutte contre la violence basée sur le genre a été lancé à l'Institut Atal Bihari Vajpayee pour la fonction publique et l'innovation, à Réduit, le lundi 17 novembre. L'événement a été présidé par la ministre de l'Égalité des genres et du bien-être familial, Arianne Navarre-Marie, et le ministre de la Fonction publique et des réformes administratives, Raj Pentiah.
Le programme vise à renforcer les compétences des agents des Family Support Services (FSS) afin qu'ils puissent mieux gérer les cas de violence conjugale. Dans le cadre de cette initiative, les agents ont été informés du cadre juridique actuel et des démarches à entreprendre lorsqu'une victime signale des faits aux FSS.
La formation est assurée par le personnel des FSS, des représentants du bureau du Directeur des poursuites publiques et des agents du ministère qui ont une connaissance approfondie du système d'information sur la violence domestique et des applications de soutien généralement utilisées dans la gestion des cas.
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Dans son allocution, la ministre Navarre-Marie a souligné que l'objectif du programme de formation est de renforcer les réponses institutionnelles et de garantir une approche davantage axée sur les victimes. Les violences basées sur le genre ne sont pas qu'un problème social, mais une préoccupation nationale ayant des répercussions politiques, économiques et sécuritaires, a-t-elle déclaré.
«Engagement national indispensable»
La ministre a souligné que le gouvernement avait mis en oeuvre d'importantes réformes, notamment l'abrogation de l'article 242 du Criminal Code et la réorganisation des FSS en 12 guichets pleinement opérationnels depuis le 1er août 2025. Elle a insisté sur le fait que ces centres offrent des services intégrés et coordonnés couvrant la protection de l'enfance, le soutien psychosocial, l'aide au bien-être familial et l'assistance juridique.
Elle a également fait remarquer que l'efficacité de ces réformes repose sur le professionnalisme, l'empathie et la discrétion dont font preuve les intervenants en première ligne.
Soulignant l'importance de la prévention, de l'éducation publique et de la modification des normes sociales néfastes, la ministre Navarre-Marie a mis en avant la responsabilité partagée du gouvernement, de la société civile, des communautés et des particuliers.
Il est important de souligner que, de novembre 2024 à aujourd'hui, 4 127 cas de violence domestique ont été signalés à la police, ce qui met en évidence la nécessité de poursuivre les efforts nationaux. «À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, célébrée le 25 novembre, un engagement national constant est indispensable pour garantir qu'aucune victime ne soit oubliée, et que la sécurité, la dignité et l'égalité soient préservées pour toutes et tous», a-t-elle déclaré.
Le ministre Pentiah a, lui, abordé la persistance des violences sexistes, qui continuent à fragiliser les familles et à perturber la cohésion sociale, malgré des progrès notables en matière d'égalité des sexes au sein de la fonction publique.
Dans le monde, selon l'Organisation des Nations unies, 736 millions de femmes - soit près d'une sur trois - ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, des violences sexuelles de la part d'une personne autre que leur partenaire, ou les deux, au moins une fois dans leur vie (30 % des femmes âgées de 15 ans et plus). Ces statistiques (datant de en 2023) n'incluent pas le harcèlement sexuel. Les femmes victimes de violences sont susceptibles de souffrir davantage de dépression, de troubles anxieux, de grossesses non désirées, d'infections sexuellement transmissibles et du VIH, avec des conséquences durables.
24% de Mauriciennes victimes de violences sexistes
La situation à Maurice n'est guère meilleure : selon les dernières données disponibles, environ 24 % d'entre elles ont subi des violences sexistes. La réalité est probablement plus grave, car les cas de violence et d'abus au sein du foyer, ainsi que ceux visant des personnes vulnérables comme les personnes handicapées, sont souvent tues. Ces violences ont un coût considérable, non seulement pour les femmes concernées, mais aussi pour leurs familles, leurs communautés et le pays tout entier.
L'île Maurice dispose de plusieurs outils pour lutter contre les violences sexistes : la Constitution, la National Gender Policy, la Domestic Violence Act, ainsi que des structures de soutien telles que la Police Family Protection Unit, le Parliamentary Gender Caucus, la ligne d'assistance téléphonique 139 (disponible 24h/24, 7j/7), l'application mobile Lespwar dotée d'un bouton d'urgence pour alerter les autorités et le Gender-Based Violence Observatory, qui fournit des données et des éléments de preuve pour éclairer les politiques publiques.