Afrique: Pourquoi des méga-projets sur le continent pour produire de l'hydrogène vert posent question

L'ONG américaine Global Energy Monitor s'inquiète de la multiplication sur le continent africain d'immenses projets de production d'hydrogène vert dans un rapport intitulé « La volonté de l'Europe de développer l'hydrogène détourne le potentiel solaire et éolien de l'Afrique ». Explications.

Le rapport de Global Energy Monitor paraît ce 20 novembre 2025 et il alerte sur une tendance récente et néanmoins massive : la multiplication d'immenses projets d'énergie éolienne et solaire en Afrique. Il y aurait de quoi décupler la production d'énergies renouvelables sur le continent, ont calculé les chercheurs. Mais les deux tiers de ces nouvelles capacités envisagées sont destinés à la production d'hydrogène vert, et pourraient ne jamais voir le jour.

En faisant le recensement des projets d'énergie éolienne et solaire à échelle industrielle en Afrique, Julie Macuga, de Global Energy Monitor, a découvert des chiffres inouïs. « Il y a eu une apparition soudaine, dans des pays jusque-là privés d'infrastructures énergétiques - la Mauritanie, Djibouti... - d'énormes projets solaires ou éoliens de 10, 20, 60 gigawatts. Pour avoir une idée, le barrage des Trois Gorges en Chine, la plus grande infrastructure énergétique au monde, ne produit que 22 gigawatts », souligne-t-il au micro de Claire Fages.

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« Il n'y a jamais eu de projet de cette envergure nulle part »

Mais les trois quarts de ces capacités renouvelables (l'équivalent de 350 gigawatts) via pas moins de 35 projets dans 11 pays - de l'Afrique du Sud au Maroc en passant par la Gambie, le Mozambique et la Namibie - sont destinées à produire de l'hydrogène vert pour l'Europe. Ce qui rend leur réalisation largement hypothétique, estime Julie Macuga : « Il n'y a jamais eu de projet de cette envergure nulle part. Il y a un certain nombre de problèmes techniques. Le passage à l'échelle des catalyseurs d'une part. D'autre part, l'hydrogène nécessite sa propre infrastructure pour être transporté. Et il n'y a pas d'importateurs pour l'acheter. Tout cela n'est que pure illusion. »

Pour l'heure, seuls les équipements solaires ont commencé à voir le jour, en Afrique du Sud, au Maroc et en Namibie. S'ils ne sont pas reliés aux besoins nationaux d'électricité, le danger de ces coûteux projets africains d'hydrogène vert, avertit la chercheuse, c'est qu'ils finissent en actifs échoués, c'est-à-dire inutiles.

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