La Cour d'appel de Korhogo a effectué, le mardi 18 novembre 2025, sa rentrée judiciaire solennelle pour l'année 2025-2026. Une triple cérémonie qui a consacré à la fois la rentrée de la 4e Cour d'appel, l'installation officielle de nouveaux magistrats et leur prestation de serment. Un moment institutionnel majeur qui confirme le dynamisme de l'appareil judiciaire dans le Nord ivoirien.
Sept magistrats installés ou ayant prêté serment
Conformément au décret n°2025-676 du 13 avril 2025, cinq magistrats ont été installés dans leurs nouvelles fonctions. Ce sont Séry Gustave, Diallo Oumar, Ghehi Armand, Napon Koné Cyprien, Yomon Bi Sia Danamon Dominique.
Ils occuperont désormais les postes de Président de Chambre, Conseiller ou Avocat Général. À leur suite, deux autres magistrats affectés à Korhogo ont prêté serment : Yao Yao Aristide, désormais juge à la Cour d'appel et au Tribunal de Première Instance de Korhogo, et Bonsié Ouhama Tenedjian, nouveau Substitut du Procureur de la République.
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Le Premier Président de la Cour d'appel, Koné Abou, a invité ses pairs à la rigueur, à la loyauté et au respect scrupuleux du serment. « Chers collègues, demeurez de bons professionnels et conformez-vous aux recommandations de la hiérarchie pour répondre aux besoins croissants de justice de nos concitoyens », a-t-il exhorté.
Il a également adressé sa gratitude au Garde des Sceaux, le ministre Sansan Kambilé, pour ses actions continues en faveur du rayonnement de la justice ivoirienne.
Un bilan 2024-2025 « très satisfaisant »
Dans son rapport annuel, le Procureur Général Koné Souleymane a fait état d'une année judiciaire particulièrement dense. La Cour d'appel a enregistré 540 affaires, contre 358 l'année précédente.
Sur ces dossiers, 488 ont été jugés, soit un taux de traitement remarquable de 90,37 %. Un niveau de performance que le procureur a qualifié de « très satisfaisant ».
Alerte sur la recrudescence des cas de viol
Profitant de l'Assemblée solennelle, le Procureur Général a sensibilisé les populations sur la montée inquiétante des cas de viol dans la région. « Le viol est devenu un fléau dans notre zone septentrionale. Il gangrène notre ressort territorial », a-t-il dénoncé.
Il a rappelé que l'institution judiciaire poursuivra sans relâche les auteurs et complices, conformément aux prescriptions du Code pénal. Les articles 403 et 404 punissent en effet le viol et la tentative de viol d'une peine allant d'au moins 5 ans d'emprisonnement, pouvant être portée à 20 ans ou à la perpétuité en cas de circonstances aggravantes.
Il a par ailleurs invité les parents, chefs coutumiers, leaders religieux et administratifs à jouer pleinement leur rôle de sensibilisation : « Il vous appartient de prévenir, d'éduquer et d'alerter pour protéger les victimes potentielles et éviter que d'autres ne sombrent dans ce crime. »